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Voyages


L'Italie et la Sicile

La douceur d'un hiver à Sorrente (1850)
« Notre maison, qui est placée en face de [la mer] sur la pente d'une montagne, est environnée d'une véritable forêt d'orangers et de citronniers au milieu de laquelle je vais marcher. Quelle admirable nature et quel charmant climat et qu'il est heureux que ces deux choses-là soient hors de la portée des hommes ; car si les hommes les pouvaient gâter, assurément ils n'auraient pas manqué ici de le faire. »
(Lettre à son frère Édouard,
le 22 décembre 1850)

Le second voyage de Tocqueville en Italie survient à une époque et dans un contexte très différents du premier, puisque c'est près de vingt-cinq ans plus tard, durant l'hiver 1850 et alors qu'il appartient toujours au premier plan de la scène politique nationale, qu'il revient dans la péninsule. Il a été victime d'une première grave crise de tuberculose au mois de mars 1850 et ses médecins lui préconisent un hiver au repos sous des cieux plus doux que ceux du Cotentin : il décide donc, tout en regrettant de laisser à Paris une situation politique aussi complexe, de passer l'hiver en Italie en compagnie de son épouse. Le couple s'embarque à Marseille pour Civitavecchia le 9 novembre et après une traversée très éprouvante, ils renoncent à se rendre à Palerme et préfèrent s'arrêter à Sorrente dans le golfe napolitain, où ils louent à partir du 12 décembre une villa au milieu des orangers qui fait face à la mer. Cette villégiature semble avoir été un véritable émerveillement grâce à la beauté de la nature environnante et la douceur du climat, ce qui encourage Tocqueville à reprendre la plume. Dès la fin du mois de décembre 1850, il se consacre de nouveau avec ferveur à la rédaction de ses Souvenirs et c'est à Sorrente que sont rédigés les chapitres consacrés aux événements de juin 1848 et aux débuts de la Seconde République, où transparaissent les regrets et l'amertume postérieurs de l'auteur.
Le séjour des deux époux sera, de plus, agrémenté par la présence à leurs côtés de Jean-Jacques Ampère du mois de janvier au 7 mars 1850 ainsi que par la visite de William Nassau SeniorWilliam Nassau Senior (1790-1864)
Économiste politique anglais, avocat, professeur à l'université d'Oxford. Architecte principal de la loi anglaise sur les pauvres de 1834. Membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques. Relation anglophone privilégiée de Tocqueville jusqu'à sa mort.
. Ils viennent tous deux animer de longues discussions qui tournent presque toutes autour des Souvenirs de 1848, d'après le témoignage que Jean-Jacques Ampère nous a livré de ce séjour dans l'article qu'il écrit pour Le Correspondant à la mort de son ami.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore   Pourtant, c'est également durant ce séjour à Sorrente qu'apparaît pour la première fois chez Tocqueville le désir de prendre un peu de recul par rapport à la politique pour se consacrer plutôt à la rédaction d'un autre grand ouvrage d'historien, dont le projet n'est pas encore clairement défini dans l'esprit de son auteur, mais dont il n'est pas difficile de deviner qu'il s'agit du futur essai L'Ancien Régime et la Révolution.

Le golfe de Naples, Johan Christian Clausen Dahl

Vue de Pimonte sur le golfe de Naples, Johan Christian Clausen Dahl
© RMN/Elke Walford

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