aller au menu principal - aller aux sous-menus - aller au contenu-texte - le plan du site - politique d'accessibilité

Voyages


L'Italie et la Sicile

Tocqueville apprenti voyageur en Italie (1827)

Si l'affaire de Rome est la plus importante question qu'Alexis de Tocqueville ait à traiter durant son ministère aux Affaires étrangères, il ne s'est jamais rendu en Italie que pour des voyages d'agrément et de tourisme. Le premier voyage qu'il accomplit dans ce pays doit venir couronner la fin de ses études de droit et compléter sa formation par la découverte de la terre de l'Antiquité classique. Il part ainsi en compagnie de son frère Édouard dès le mois de décembre 1826 et atteint Rome en janvier 1827. Ils traversent ensuite toute la péninsule italienne jusqu'à Naples, qu'ils quittent au début du mois de mars 1827 pour se rendre en Sicile. Cette traversée est restée mémorable, car leur navire y essuie une redoutable tempête et manque de sombrer en pleine mer Tyrrhénienne. Tocqueville a décrit cet épisode épique dans une page de son récit de voyage aux accents particulièrement dramatiques.
écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore

« Là voilà donc enfin, nous disions-nous, cette Sicile. Nous venions d'Italie ; nous avions foulé la cendre des plus grands hommes qui furent jamais et respiré la poussière de leurs monuments, mais autre chose encore parlait ici à l'imagination. nous touchions aux premiers âges du monde. »
(Voyage en Sicile)

Malheureusement, le manuscrit des notes de voyage prises lors de ce premier voyage en Italie est aujourd'hui perdu, et nous n'en connaissons que les fragments retenus par Gustave de Beaumont pour son édition des Œuvres complètes de Tocqueville. C'est d'autant plus regrettable que ce manuscrit, à en croire ce dernier, permettait au lecteur "d'étudier la marche qu'a suivie l'esprit de Tocqueville, ses tâtonnements, ses méprises, ses retours, et les voies détournées par lesquelles il est rentré dans son vrai chemin". Il avait aussi l'originalité de nous livrer la teneur de sa pensée en matière d'esthétique, qui n'est presque jamais exposée dans ses œuvres postérieures. Seules nous sont parvenues les descriptions très romantiques et très fournies (mais peu représentatives du talent de Tocqueville, qui semble s'essayer à la manière d'un Chateaubriand) de l'ascension de l'Etna ou de la grandeur paradoxale des ruines romaines par exemple. Un de ces fragments cependant permet de deviner derrière ce jeune voyageur le futur auteur de De la démocratie en Amérique : il s'agit d'un passage où il relate un dialogue entre un Sicilien et un Napolitain qui, portant sur les effets dévastateurs du despotisme et sur les conditions nécessaires à l'expansion de la liberté, préfigure aussi bien par la méthode adoptée que par les thèmes choisis ce que sera le "vrai chemin" de Tocqueville.

Le Colisée, Jean-Baptiste Camille Corot

Le Colisée, vue des jardins Farnèse, Jean-Baptiste Camille Corot
© RMN/Daniel Arnaudet

Vue de Palerme Sicile

Vue de Palerme, Sicile, anonyme © BNF

Agrigente, Sicile

Part of the temple of Junon, anonyme © BNF

Haut de page