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Voyages


L'Angleterre et l'Irlande

L'Irlande

Tocqueville et Beaumont tiennent, avant de s'en revenir en France, à compléter leur nouvelle connaissance du monde britannique par la découverte de l'Irlande. Ils débarquent donc à Dublin le 6 juillet 1835 et mènent leur enquête jusqu'au 16 août en visitant non seulement la capitale irlandaise mais également le centre, le sud et l'ouest de l'île. Ils passent ainsi plus d'un mois dans un pays qui, pour connaître les mêmes lois et le même gouvernement que l'Angleterre, n'en présente pas moins une situation sociale très complexe et, par bien des aspects, alarmante : ils sont extrêmement inquiets en découvrant le face à face douloureux et haineux qui oppose une aristocratie spoliatrice et hégémonique à une paysannerie au comble de la misère, encore accentué par la différence de races et de religions.

« Vous ne pouvez vous figurer quelle complication de misères, cinq siècles d'oppression, de troubles civils, d'hostilité religieuse ont accumulées sur ce pauvre peuple.
C'est un labyrinthe affreux dans lequel il faudrait chercher péniblement son chemin et dont
nous ne ferons qu'apercevoir
l'entrée. »
(Lettre à son père,
16 juillet 1835)

Et si la description de la pauvreté régnant dans les familles paysannes irlandaises que Tocqueville fait pour sa cousine Eugénie de Grancey prend parfois un ton amusé   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  , le spectacle du dénuement et de la misère la plus totale l'a profondément heurté ; ce souvenir, ajouté à celui de la misère urbaine de Manchester, l'a évidemment renforcé dans son souci des différentes formes de paupérisme coexistant dans les sociétés modernes. Tocqueville consigne toutes les observations faites durant ce voyage dans des notes relativement développées, mais dont il n'a jamais tiré aucun ouvrage, conformément à l'accord qu'il a passé avec Beaumont : à celui-ci d'écrire sur l'Irlande, à celui-là sur l'Amérique. Aussi Tocqueville laisse-t-il Beaumont partir seul visiter l'Écosse, et s'embarque-t-il à Southampton le 18 août pour Cherbourg via Guernesey. Le récit rocambolesque et comique de son retour en France, alors qu'il est sans le sou, témoigne du caractère hasardeux qu'ont souvent pris ses périples à l'étranger et compte également parmi les pages les plus drôles de son œuvre.

Dublin

Dublin, Anonyme © BNF

Southampton

Southampton, Anonyme
© BNF

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