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Voyages


L'Angleterre et l'Irlande

Le premier voyage en Angleterre (1833)
« On prétend que [les Anglais] vont décidément entrer en révolution et qu'il faut se dépêcher de les voir tels qu'ils sont ! Je me hâte donc d'aller en Angleterre comme à la dernière représentation d'une belle pièce ! »
(Lettre à sa cousine madame de Pisieux, 3 juillet 1833)

À la fin de leur séjour aux États-Unis, Tocqueville et Beaumont songent à rentrer en France en passant par l'Angleterre car ils espèrent compléter leur analyse de la société et des institutions américaines en allant constater quel rôle l'héritage anglais peut y tenir. Mais l'épidémie de choléra qui y sévit alors les détourne de ce projet. Tocqueville accomplit néanmoins ce voyage seul du 3 août au 7 septembre 1833 espérant trouver en Angleterre des éléments de réponse à la question qui, étant donnée la période de transition politique et sociale que traverse la France depuis 1789, hante toutes ses réflexions : comment une société peut-elle parvenir à passer d'un stade aristocratique à un stade démocratique ? En effet, si l'Amérique lui a offert le spectacle d'une société démocratique stable, l'Angleterre (que tous les commentateurs imaginent en proie à un mouvement révolutionnaire imminent) doit lui permettre d'observer de quelle façon se mêlent les caractéristiques d'une société toujours aristocratique et les premiers indices, voire les premiers soubresauts, d'une transition ou d'une révolution démocratique.
La réalité de son voyage outre-Manche ne répond cependant pas tout à fait à ses attentes, comme en attestent les notes prises sur place ainsi que sa correspondance : il est d'abord surpris de la difficulté qu'il rencontre, faute d'être davantage connu et considéré, à rencontrer l'élite de la société londonienne.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore   Son voyage, ensuite, n'échappe que rarement aux lieux de passage obligés pour une visite conventionnelle de l'Angleterre : il le conduit ainsi docilement d'une séance à la Chambre des Lords aux collèges d'Oxford, même s'il fait également quelques détours dans de grandes propriétés aristocratiques et qu'il doit à ce premier séjour en Angleterre d'avoir rencontré William Nassau SeniorWilliam Nassau Senior (1790-1864)
Économiste politique anglais, avocat, professeur à l'université d'Oxford. Architecte principal de la loi anglaise sur les pauvres de 1834. Membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques. Relation anglophone privilégiée de Tocqueville jusqu'à sa mort.
et lord RadnorLord William Pleydell Bouverie Radnor (1779-1869)
Homme politique whig anglais ayant séjourné en France à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution. Député de Salisbury (1802-1828) puis pair, il tente de promouvoir des réformes sociales. Tocqueville le rencontre en 1833 et reste lié à lui jusqu'à sa mort.
, qui deviendront certains de ses plus fidèles interlocuteurs outre-Manche.
Surtout, Tocqueville revient convaincu que l'Angleterre n'aura pas à affronter de révolution avant longtemps, car les classes inférieures à l'aristocratie, loin de vouloir abolir ses privilèges, n'ont de volonté que d'y accéder. En restant par principe une classe sociale ouverte, puisqu'elle est fondée sur la richesse et non sur la naissance, l'aristocratie anglaise peut, selon lui, échapper au destin qui fut notamment celui de l'aristocratie française : tel est sans doute l'enseignement le plus essentiel qu'il a tiré de ce premier séjour en Angleterre.

Chambre des Lords, Londres

Chambre des Lords, anonyme
© BNF

Londres (près du British Museum)

Londres (près du British Museum), anonyme
© BNF

Vue de Londres

Vue de Londres, Anonyme
© BNF

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