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Voyages


L'Amérique

La descente du Mississipi : le retour
« Je vois réussir ici des institutions qui bouleverseraient infailliblement la France ; d'autres qui nous conviennent seraient évidemment malfaisantes en Amérique ; et cependant, ou je me trompe fort, ou l'homme n'est pas autre ou meilleur ici que chez nous. Seulement il est différemment placé. »
(Lettre à son père, 3 juin 1831)

De retour à New York au mois de février 1832, Tocqueville et Beaumont ont d'autant plus hâte de retrouver leurs proches en France que la nouvelle de l'épidémie de choléra qui sévit alors en Europe les inquiète grandement. Ils s'embarquent à bord du vaisseau Henri IV le 20 février et si la perte des registres maritimes tenus au port du Havre concernant le printemps de l'année 1832 nous empêche de connaître la date exacte de leur arrivée, on peut assurer en revanche que les deux hommes qui débarquent sur les côtes françaises ont été profondément marqués par leur expérience américaine. Leur séjour outre-Atlantique n'a certes duré que dix mois, durant lesquels ils ont conscience de n'avoir qu'entrevu la réalité de la société et des institutions américaines, mais il a eu de puissants effets sur le développement de la pensée des deux amis et sur leurs carrières respectives. Leur mission pour le ministère de l'Intérieur a d'abord fait d'eux les auteurs du rapport intitulé Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France, qui reçoit le prix Monthyon dès sa parution en 1833. En outre, les "premiers pénitenciers de l'univers" (selon l'expression de Beaumont) reviennent les malles pleines de documentation et l'esprit nourri de suffisamment d'observations et de réflexions pour imaginer de plus ambitieux projets littéraires, après avoir tous deux quitté leur fonction judiciaire : Beaumont tirera de son voyage aux États-Unis le roman Marie ou l'esclavage aux États-Unis, qui connaît un succès de librairie immédiat en 1835, tandis que Tocqueville donnera tout son sens à cette équipée en publiant son chef-d'œuvre, De la démocratie en Amérique.

Le Soleil couronné par Gustave Le Gray

Le Soleil couronné, Gustave Le Gray
© RMN/-Patrice Schmidt

Incessamment nourri par son expérience du Nouveau Monde, cet ouvrage est fondé sur les différents constats qu'il dresse durant son voyage : selon lui, le peuple américain doit autant, sinon davantage, sa prospérité aux conditions extrêmement favorables dans lesquelles il est placé qu'à un gouvernement particulier ou à des vertus qui lui seraient propres, ce qui interdit de penser que le développement des États-Unis puisse constituer un "modèle" à suivre. En revanche, l'exemple américain doit pouvoir prévenir la France que l'égalité des conditions, vers laquelle tendent historiquement toutes les sociétés modernes, exerce une "influence prodigieuse" non seulement sur "la marche de la société" mais aussi sur les mœurs politiques et le gouvernement.
En fait, tout se passe comme si l'Amérique avait fait de Tocqueville un homme politique moderne, en l'arrachant à un mode de penser du passé et en le projetant vers l'avenir.

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Carte des Etats-Unis

Carte des États-Unis et déclaration de l'indépendance des États-Unis d'Amérique le 17 juillet 1776 (frontispice), anonyme © BNF

Archives

Lettre d'envoi du 'Système pénitentiaire aux États-Unis'

Lettre d'envoi du Système pénitentiaire aux États-Unis
© CHAN

Démission de Tocqueville de sa fonction de juge-auditeur

Document administratif faisant état de la démission de Tocqueville de sa fonction de juge-auditeur du tribunal de Versailles © CHAN

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La descente du Mississipi

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