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Voyages


L'Amérique

La descente du Mississipi : en route vers le Sud, via Philadelphie et Cincinnati
« Ce qui est extrêmement curieux en Amérique c'est d'examiner les penchants et les instincts de la démocratie livrée
à elle-même
et de voir à quel état social elle conduit forcément la société qu'elle domine. »
(Voyage en Amérique)

À l'automne 1831, Tocqueville et Beaumont quittent de nouveau New York et entreprennent un second et vaste périple qui les emmène cette fois-ci vers l'Ouest et le Sud des États-Unis. Leur objectif est évidemment de découvrir La Nouvelle-Orléans et Washington mais aussi de mesurer ce qui, dans les mœurs, les coutumes et l'usage démocratique, différencie les États du Sud de ceux du Nord. Ils veulent, par exemple, examiner de plus près le mal de l'esclavage qu'ils estiment faire courir aux États-Unis un risque d'éclatement. Ils s'arrêtent tout d'abord assez longuement à Philadelphie à partir du 12 octobre et cette première halte leur permet de fréquenter une société d'un très haut niveau, plus philanthrope que mercantile, qui les accueille avec enthousiasme. Ils sont par ailleurs amenés à constater, puisque la Pennsylvanie n'est plus un État esclavagiste, qu'il existe un problème de discrimination raciale que l'abolition de l'esclavage ne peut suffire à résoudre.

Vue de la ville de Philadelphie, Louis Garneray

Vue de la ville de Philadelphie, Louis Garneray © BNF

Pour approfondir leur analyse du problème, ils font une incursion du 28 octobre au 6 novembre à Baltimore, qui se situe dans l'État du Maryland, où l'esclavage est maintenu : cette ville aux habitudes festives et fastueuses leur donne un avant-goût des mœurs sudistes, et le spectacle de la discrimination permanente entre les races les choque suffisamment pour que Beaumont y situe l'action de son roman Marie ou l'esclavage aux États-Unis. Ils quittent définitivement Philadelphie le 21 novembre 1831 et, avant d'atteindre Cincinnati, doivent affronter l'un des plus grands périls auxquels ils aient eu à faire face en Amérique, puisqu'ils manquent de faire naufrage sur l'Ohio avec le steamer Fourth of July et ne doivent leur salut qu'au passage inespéré d'un autre navire. Cincinnati ressemble, selon Tocqueville, davantage à une "ébauche de ville" qu'à une ville, tant elle a rapidement grandi, sans prendre le temps de s'organiser rationnellement. Mais le dynamisme qui commande l'expansion fébrile de cette ville champignon ne laisse cependant pas de fasciner Tocqueville et Beaumont, qui y voient le symbole de l'énergie, du courage et de l'esprit d'initiative triomphant sur l'ensemble du territoire américain.

« Le lieu où est situé Cincinnati était encore couvert de forêts il y a trente ans. Le spectacle que présente aujourd'hui cette ville ne ressemble à rien que je connaisse, tout y ressent la précipitation de l'accroissement : de belles maisons et des chaumières, des rues à peine pavées, imparfaitement alignées, encombrées de matériaux de construction ; des places sans nom, des maisons sans numéro, en un mot une ébauche de ville plutôt qu'une ville. Mais au milieu de ces édifices imparfaits, un bruit de vie, une population dont l'activité a quelque chose de fébrile : voilà Cincinnati aujourd'hui. Peut-être ne sera-t-il plus ainsi demain ; car chaque jour le rend méconnaissable à ses propres habitants »
(Lettre à sa mère, 6 décembre 1831)

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Vue de la ville de Philadelphie

Vue de la ville de Philadelphie © BNF

Plan de la ville de Philadelphie

Plan de la ville de Philadelphie © BNF

Vue de Baltimore

Vue de Baltimore, anonyme © BNF

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La descente du Mississipi

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