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Voyages


L'Amérique

L'Ouest et le Nord : le Canada
« Je viens de voir dans le Canada un million de Français, braves, intelligents, faits pour former une grande nation française en Amérique, qui vivent en quelque sorte en étrangers dans leurs pays. [...] Aujourd'hui le sort en est jeté, toute l'Amérique du Nord parlera anglais. »
(Lettre à son frère Édouard,
26 novembre 1831)

Avant de pénétrer vraiment au Canada, Tocqueville et Beaumont saisissent l'opportunité qui leur est offerte de monter à bord du Supérieur pour traverser les splendides spectacles offerts par les grands lacs et pour se rendre à Green Bay, contrée très reculée qui se trouve au fond du lac Michigan. Ils tiennent également à faire l'inévitable détour par les chutes du Niagara qui, pour être attendues, ne s'en révèlent pas moins prodigieuses à leurs yeux. Ils passent sur place les deux journées du 17 et du 18 août, et ce n'est donc que le 20 août qu'ils s'embarquent à Buffalo pour Montréal et pour Québec où ils s'établissent jusqu'au 31 août. La surprise de Tocqueville devant ce petit bout de l'ancienne France perdu au milieu du continent américain est grande et immédiate. En effet, le Canada, et plus précisément le Bas-Canada où se concentre la présence française, semble avoir été pour lui une véritable révélation : il est d'abord vivement touché par la fidélité avec laquelle les Canadiens ont transposé outre-Atlantique la langue, mais aussi les coutumes et l'architecture françaises, et il trouve dans les différents villages qu'il traverse avec Beaumont tout comme dans la ville de Montréal elle-même une analogie frappante avec la province française, voire, fait encore plus touchant, avec la province française du XVIIIe siècle.

« Ils sont aussi français que vous et moi. Ils nous ressemblent même bien plus que les Américains des Etats-Unis ne ressemblent aux Anglais. Je ne puis vous exprimer quel plaisir nous avons ressenti à nous retrouver au milieu de cette population. Nous nous sentions comme chez nous, et partout on nous recevait comme des compatriote [...]. »
(Lettre à l'abbé Lesueur,
7 septembre 1831)

L'accueil que leur réservent les Canadiens est en outre particulièrement chaleureux et attache un peu plus encore les deux amis au sort de la population locale. C'est donc poussés par une très vive curiosité qu'ils mènent l'enquête sur cette terre d'exception française et sur le sort réservé à ses habitants, au point d'aller par exemple interroger ceux du petit village de Beauport à la sortie de la messe dominicale. Cependant la plupart des conclusions auxquelles aboutit Tocqueville sont amères, car pour représenter selon lui "le plus beau rejeton de la famille européenne dans le Nouveau Monde", les Canadiens français n'en sont pas moins un peuple vaincu qui ne saurait rêver à son indépendance tel qu'il est encerclé par le Haut-Canada et par les États-Unis d'Amérique. Tocqueville gardera toujours de son passage sur ces terres la conviction que la France se doit d'avoir de grandes colonies et il tentera dans le cas de la colonisation de l'Algérie d'essayer de tirer les leçons de l'échec canadien afin d'éviter qu'il ne se reproduise.

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Bâteaux à vapeur

Bâteaux à vapeur " Lady of the lake " et " Rochester ", anonyme © BNF

Le Fleuve Saint-Laurent, 'les mille îles'

Le Fleuve Saint-Laurent,
"les mille îles", anonyme
© BNF

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Le Canada et l'Amérique de l'Ouest

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