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Voyages


L'Amérique

L'Ouest et le Nord : les Indiens

Chaussons indiens, Gustave de Beaumont

Chaussons indiens, Gustave de Beaumont © AD Manche

La première fois que Tocqueville et Beaumont croisent des Indiens sur leur route, ils se trouvent dans la ville de Buffalo et leur déception est immense : loin des images romantiques d'hommes sauvages "sur la figure desquels la nature a laissé la trace de quelques-unes de ces vertus hautaines qu'enfante l'esprit de liberté", ils découvrent des êtres avinés et dépravés, vêtus à l'européenne bien que toujours parés de leurs plumes et de leurs coquillages, et qui semblent avoir perdu toute leur noblesse au contact de la civilisation. Cette funeste impression est cependant vite corrigée par d'autres rencontres qui répondent davantage aux attentes des deux voyageurs. Ils auront certes beau jeu de souligner, le sourire aux lèvres, l'écart béant qui sépare les canons de la beauté indienne de la légendaire et très romanesque Atala, mais ils ont également l'occasion de découvrir, au cœur de la forêt vierge, combien leurs guides Chippaways, deux jeunes gens de quatorze et dix-huit ans, font preuve d'une agilité stupéfiante, presque animale, dans la nature dont ils prévoient et déjouent les pièges instinctivement, alors qu'eux-mêmes sont incapables de s'y mouvoir.

« - Et que sont devenus les Indiens, disais-je ? - Les Indiens, reprenait notre hôte, ils ont été je ne sais trop où, par-delà les Grands Lacs. C'est une race qui s'éteint ; ils ne sont pas faits pour la civilisation : elle les tue.»
(Quinze jours dans le désert)

Et telle n'est pas leur unique qualité aux yeux de Tocqueville qui les trouve également indépendants, fiers et majestueux dans leur sagesse et leur tempérance, mais aussi graves et remarquablement endurants, autant de mâles qualités qui semblent rapprocher dans son esprit ces habitants de l'Ancien Monde des valeurs aristocratiques de l'Ancien Régime. Ces deux mondes ne sont-ils finalement pas voués à disparaître ? Tocqueville en a conscience et s'il montre un intérêt réel pour les us et coutumes des tribus indiennes, il ne doute pourtant pas que ce "peuple antique", qu'il ne considère jamais comme inférieur, ne manquera pas de succomber à la civilisation dans une indifférence générale et coupable.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  

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Portrait de chef indien : 'Wa-ta-wa-buck-a-nack'

Peintures de Georges Catlin

Projet de frontispice pour les 'Travels in North America', Karl Bodmer

Frontispice pour les "Travels in North America" du Prince de Wied, Karl Bodmer
© RMN/Philippe Bernard

Indien au fusil, Jules-Emile Saintin

Indien au fusil, Jules-Emile Saintin
© RMN/Gérard Blot

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Lettre à sa cousine Eugénie de Grancey sur les Indiens

Lettre à sa cousine Eugénie de Grancey sur les Indiens
© AD Manche

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