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Voyages


L'Amérique

L'Ouest et le Nord : quinze jours dans le désert ou les "solitudes du Nouveau Monde"

Carte de la Louisiane cédée aux États-Unis

Carte de la Louisiane cédée aux États-Unis par François Barbé de Marbois © AMAE

Pour les Européens du premier XIXe siècle, hantés par les souvenirs de Chateaubriand et de Fenimore Cooper, l'idée du voyage en Amérique suscite inévitablement des rêves de terres sauvages, de contrées solitaires et d'Indiens qui se trouvent dans la nature comme dans le berceau primitif de l'humanité. Aussi Tocqueville et Beaumont n'échappent-ils pas à cette règle et rêvent-ils eux aussi de prolonger leur périple jusqu'à cette "frontière" qui marque les confins de la civilisation. Dès qu'ils le peuvent, les deux amis décident d'échapper à leurs obligations pénitentiaires et de s'enfoncer dans le pays à travers l'immense forêt américaine. Partis d'Albany le 6 juillet, ils gagnent ainsi successivement Buffalo puis Détroit qu'ils atteignent le 23 juillet. Mais durant cette première partie de leur périple, ils sont déçus de constater que la civilisation européenne progresse très rapidement et qu'elle efface sur son passage le souvenir de l'Ancien Monde qu'ils espéraient découvrir. À Détroit, ils décident donc de partir seuls et à cheval pour tenter de rejoindre le poste le plus reculé de la civilisation européenne qu'est Saginaw. Leur équipée s'avère dès lors bien plus périlleuse et le récit que nous en a livré Tocqueville intitulé Quinze jours dans le désert nous montre les deux amis pistés par des Indiens inconnus, tombés nez à nez avec un ours ou encore séparés dans la nuit noire au risque de se perdre.

« Nous désirions très vivement de voir un pays qui fût une conquête toute récente de l'homme sur le désert. »
(Lettre à l'abbé Lesueur, 3 août 1831)

Ils finissent par accepter de se laisser guider par des Indiens à travers la forêt vierge jusqu'à Saginaw, qu'ils atteignent finalement le 26 juillet. Tout au long de ce trajet, le spectacle majestueux de la nature qui s'offre à leur regard les a fascinés par l'impression d'harmonie et de solitude qu'il dégage, comme le montrent certaines descriptions inspirées qu'en fait Tocqueville dans son texte.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore   En revanche, la société hétéroclite que forment à Saginaw des "exilés de la grande famille humaine" leur paraît composer un tableau plus sombre : ils ne peuvent que constater la difficulté que les métis, les Français et les Anglais éprouvent sous le regard distant des Indiens.

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Cedars, Stanley Park, Vancouver, William Notman

Cedars, photographie de William Notman
© RMN/Christian Jean

Archives

Page manuscrite de Quinze jours dans le désert

Page manuscrite de Quinze jours dans le désert
© AD Manche

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Page manuscrite de Quinze jours dans le désert

Notes pour la rédaction de Quinze jours dans le désert
© AD Manche

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