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Voyages


L'Allemagne et la Suisse

Voyages en Allemagne
« Je reviendrai en France sachant assez bien ce qui se passait en Allemagne, il y a cent ans, mais n'ayant pas la moindre idée de ce qu'on y fait et de ce qu'on y pense aujourd'hui. »
(Lettre à Francisque de Corcelle,
29 août 1854)

Tocqueville a longtemps espéré pouvoir compléter sa compréhension de la situation politique européenne par l'étude approfondie du cas de l'Allemagne. Il est sûrement incité en cela par son ami Jean-Jacques Ampère qui en est un grand spécialiste et a même partagé avec Beaumont un abonnement au Augsburger allgemeine Zeitung puis au Kölnische Zeitung, à la fois pour améliorer sa maîtrise de la langue de Goethe et pour se tenir au fait de l'actualité outre-Rhin.
Aucun des deux voyages qu'il entreprend dans ce pays n'a cependant comblé toutes ses attentes. Le premier se déroule au printemps de l'année 1849, alors qu'il veut fuir en compagnie de son épouse les tracas de la campagne électorale et qu'il est curieux d'observer sur le vif l'évolution de la situation politique allemande. Le pays est alors divisé entre le maintien de la Constitution née des événements de 1848 et les anciens Monarques qui tentent de recouvrer le pouvoir. Tocqueville prédit "la victoire des Princes" mais, après avoir appris sa réélection à l'Assemblée nationale et surtout après avoir appris que le ministère Barrot devait être remanié, il doit rapidement rentrer en France où il espère obtenir un ministère.

« A mesure que j'approchais de la frontière, j'étais saisi d'une profonde tristesse et d'une grande envie de retourner en arrière. Je venais de passer trois mois dans un pays qui, comparé au nôtre, peut être appelé un pays de liberté et l'idée de respirer de nouveau l'air de cette France si asservie et si contente de sa servitude m'oppressait. »
(Lettre à Gustave de Beaumont, 1er octobre 1854)

Lorsqu'en juin 1854 il traverse à nouveau le Rhin, ses motivations ont changé : en pleine période de rédaction de L'Ancien Régime et la Révolution, il recherche surtout des informations sur l'Allemagne féodale du XVIIIe siècle qu'il trouve dans la très riche bibliothèque de l'université de Bonn. Il projette de quitter ensuite Bonn pour Dresde puis pour Berlin, où les souvenirs de l'ancien monde féodal sont autrement plus vivaces, mais les problèmes de santé de son épouse l'en empêchent : à la mi-août, ils doivent gagner Wildbald, une petite ville thermale de la Forêt-Noire, non loin de Baden-Baden, et renoncer à tout autre projet. Ils rentrent en France à la fin du mois de septembre 1854 sans que Tocqueville ait pu approfondir autant qu'il l'aurait souhaité sa connaissance de l'Allemagne, dont il retient avant tout qu'elle est un appréciable lieu de liberté comparé à la France du Second Empire.

Souvenir des bords du Rhin, entre Coblentz et Mayence, Pierre Justin Ouvrié

Souvenir des bords du Rhin, entre Coblentz et Mayence, Pierre Justin Ouvrié
© RMN/Gérard Blot

Cathédrale saint-Cassius et saint-Florentius à Bonn, Allemagne

Cathédrale saint-Cassius et saint-Florentius à Bonn, anonyme © BNF

Vue de Coblentz, Allemagne

Vue de Coblentz, Allemagne, Anonyme
© BNF

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