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Voyages


L'Algérie

Une nouvelle enquête sur le terrain algérien (1846)
« Il est non seulement cruel, mais absurde et impraticable de vouloir refouler et exterminer les indigènes ; mais quel moyen prendre pour que les deux races entrent réellement en contact ? J'avoue avec chagrin qu'ici mon esprit se trouble et hésite. »
(Lettre à Francisque de Corcelle, 1er décembre 1846)

À la suite de son premier voyage en Algérie, Tocqueville est devenu l'un des plus éminents spécialistes de la question algérienne à la Chambre des députés, et il représente avec Beaumont l'un des membres les plus zélés de la commission royale extraparlementaire du 20 janvier 1842 à 1844. Le travail de cette commission s'avère, à son grand regret, très peu productif. Au cours de la session parlementaire de 1846 et dans le cadre du vote des crédits extraordinaires qu'il convient d'allouer à l'Algérie, il saisit de nouveau l'occasion d'intervenir à la tribune de la Chambre sur ce sujet et prononce le 9 juin un discours resté célèbre, qui juge très sévèrement la politique menée par la France en Algérie. Alors que la question de l'Algérie serait selon Tocqueville de la plus haute importance, elle n'aurait jamais été conduite que par le hasard et mériterait que soit créé un ministère de l'Algérie.
Il éprouve ensuite le besoin immédiat de se rendre à nouveau sur place pour confronter son analyse de la situation à la réalité du terrain. Il faut dire que depuis 1841 la situation politique de l'Algérie a grandement évolué et que si d'un point de vue militaire elle est largement pacifiée depuis la défaite subie par Abd-el-Kader, d'un point de vue administratif, elle reste extrêmement délicate.
Il s'embarque en compagnie de son épouse (celle-ci tient à veiller sur sa santé et sur sa fidélité) pour Alger, qu'ils atteignent au tout début du mois de novembre et Tocqueville va mener jusqu'au 29 décembre, date à laquelle il quitte l'Algérie, une enquête systématique sur la situation militaire, sur l'état du pays et de ses habitants, qu'il s'agisse des indigènes ou des colons, et sur la grande désorganisation bureaucratique qui règne dans le territoire.
Il s'empresse pour ce faire de rencontrer le maréchal Bugeaud, auquel il signifie son désaccord avec les méthodes employées et il accepte de le suivre dans une longue tournée aux allures de propagande qui devait le conduire par voie de terre jusqu'à Oran. Il profite néanmoins de ce voyage non seulement pour admirer les somptueux paysages qu'il découvre jusqu'à Orléansville en passant par Blida, Medea et Miliana, mais aussi pour interroger méthodiquement tous les officiers des bureaux arabes qui accourent au devant du Maréchal pour "faire connaître l'état de leur district ou prendre [d]es ordres".
C'est aussi l'occasion pour lui de constater "l'état d'abattement" et de misère complet qui est celui des indigènes, ainsi que "la haine qui règne entre les deux races", celle des indigènes et celle des colons français. Après avoir recueilli toutes ces observations, il renonce à suivre le convoi jusqu'à Oran et préfère regagner Alger où il retrouve son épouse le 30 novembre.

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Portrait du maréchal Bugeaud

Portrait du maréchal Bugeaud
Anonyme © CAOM

Oran

Oran, tiré de l'ouvrage de Genty de Bussy
© CAOM

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