Alexis de Tocqueville
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La descente du Mississipi

Cours du Mississipi comprenant la Louisiane, les deux Florides, une partie des états-Unis, gravure de 1803

Le grand fleuve jaune
"Un mot seulement encore sur le Mississipi, qui, en vérité, ne mérite guère qu'on s'occupe de lui. C'est un grand fleuve jaune, roulant assez doucement ses eaux dans les plus profondes solitudes, au milieu de forêts qu'il inonde au printemps et féconde par son limon. On ne voit pas une colline à l'horizon, mais des bois, puis des bois, et encore des bois : des roseaux, des lianes ; un silence profond ; nul vestige de l'homme, pas même la fumée d'un camp indien."
Lettre à sa mère du 25 décembre 1831
Cours du Mississipi comprenant la Louisiane, les deux Florides, une partie des états-Unis, gravure de 1803; Blérancourt, musée national de la Coopération franco-américaine
© RMN/Gérard Blot

Osages : peuplades sauvages de l'Amérique septentrionale d'après Boilly

Les Osages
"Les derniers de tous se trouvent les Osages ; ils vivent en hordes continuellement errantes, sont presque nus, ne se servent presque point d'armes à feu et ne connaissent des Européens que les marchands de fourrures. Les Osages sont la dernière tribu du Sud-Ouest qui ait un traité avec les Etats-Unis." (Voyage en Amérique, Extraits d'une "Conversation avec M. Houston")
Osages : peuplades sauvages de l'Amérique septentrionale d'après Boilly; Blérancourt, musée national de la Coopération franco-américaine © RMN/Philippe Bernard

Maison en Louisiane par Charles-Alexandre Lesueur

Une maison en Louisiane
"Aujourd'hui 31 décembre 1831, j'ai visité une belle plantation de sucre située à 50 lieues de la Nouvelle-Orléans, sur le Mississipi. Elle contient 70 esclaves ; son rapport, m'a-t-on dit, est d'environ 5 ou 6000 dollars, chaque année tous frais payés, 25 à 30 000 francs." (Voyage en Amérique, Cahier E)
Maison en Louisiane par Charles-Alexandre Lesueur; collection Lesueur © MHN du Havre

Vue de la ville de la Nouvelle-Orléans par Louis Garneray

La Nouvelle-Orléans
"Arrivée à la Nouvelle-Orléans. Forêt de vaisseaux [...] J'ai vu aujourd'hui que dans le cours de l'année 1828 il était entré dans le port de la Nouvelle-Orléans près de 1000 vaisseaux à voile et 770 vaisseaux à vapeur. Le nombre augmente chaque année." (Voyage en Amérique, carnet portatif)
Vue de la ville de la Nouvelle-Orléans par Louis Garneray; Département des Estampes
© BNF

Vue présumée du fort de la Nouvelle-Orléans, 1803

Prospérité
"Alors que l'intérieur du continent de l'Amérique septentrionale était encore entièrement inconnu aux Européens, les Français ont établi des postes au milieu des déserts, depuis le Canada jusqu'à la Louisiane - une suite de petits forts qui, depuis que le pays est parfaitement exploré, ont été reconnus pour les meilleurs lieux qu'on pût destiner à la fondation des villes les plus florissantes et les situations les plus heureuses pour attirer le commerce et commander la navigation des fleuves. (.) Si nous avions réussi, les colonies anglaises étaient enveloppées par un arc immense, dont Québec et La Nouvelle-Orléans formaient les deux extrémités." (Lettre à son frère Hippolyte, 26 novembre 1831)
Vue présumée du fort de la Nouvelle-Orléans, 1803; Blérancourt, musée national de la Coopération franco-américaine © RMN/Christian Jean