eu Portraits/Lettre de Louise Madeleine Le Peletier de Rosanbo
Alexis de Tocqueville
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Ce samedi,
J'apprends mon petit ami que tu ne dois revenir que lundi ; je crois que tu n'en es pas fâché petit coquin, car on dit que tu t'amuses beaucoup à Verneuil, mais moi je m'afflige d'être si longtemps sans te voir. Cependant j'approuve les raisons qui te retiennent mais il faut absolument tâcher de revenir lundi. Il a fait hier ici un orage qui a duré depuis sept heures du soir jusqu'au milieu de la nuit : tu juges comme j'étais à mon aise.
J'ai cru que j'étoufferais la nuit, je ne pouvais plus respirer ; j'ai été obligée de rester debout longtemps et pour le sommeil, il n'est point arrivé.
Ce matin, j'ai encore le coeur horriblement serré et ma pauvre tête est fort douloureuse.
Adieu, cher enfant, je te désire, ainsi que ton frère, avec une vive impatience. Je vous embrasse tous deux.
Hippolyte m'a dit hier que ton bon ami était toujours souffrant. J'en suis désolée !
Dis lui mille choses pour moi.

A Monsieur Alexis de Tocqueville à Verneuil sur Seine, par Meulan.