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Portraits


Sa famille

Son père, Hervé de Tocqueville : sa jeunesse ou "l'expérience du malheur"

Hervé Bonaventure Clérel de Tocqueville

Hervé Bonaventure Clérel de Tocqueville, anonyme
© AD Manche / Poirier

Si Hervé de Tocqueville naît en 1772 de l'union de Bernard-Bonaventure Clérel de Tocqueville et de Catherine de Damas-Crux, il n'a que fort peu connu ses parents qui se sont respectivement éteints en 1776 et en 1785, de sorte que l'éducation du jeune orphelin de treize ans s'est vue confiée aux bons soins de son précepteur particulier, l'abbé Lesueur. Il se destine d'abord à porter l'épée et est nommé lieutenant de remplacement au régiment du Vexin en 1787, dès l'âge de quinze ans. Mais l'éclatement de la Révolution française place ce fils des Lumières, issu de l'aristocratie française et désireux de se mettre au service du roi, dans une situation particulièrement délicate.

« A vingt-et-un ans je me trouvais chef de famille, enfermé dans une prison avec un jeune homme de dix-sept ans et deux jeunes femmes dont le chagrin avait altéré la santé. »
(Mémoires, Hervé de Tocqueville)

En réalité, la sympathie qu'il éprouve pour le mouvement révolutionnaire à ses débuts s'efface naturellement au fur et à mesure que la Terreur s'installe. Ses Mémoires, dont seule la partie consacrée à la période révolutionnaire a été publiée, retracent fidèlement ses faits et gestes à cette époque : si toute sa famille le presse à émigrer, Hervé de Tocqueville ne rejoint Bruxelles que pour un seul mois, préférant rapidement revenir à Paris pour s'engager dans la garde constitutionnelle de Louis XVI. Cette décision fait de lui un suspect et, pressé de trouver un nouveau refuge, il rejoint l'abbé Lesueur dans sa Picardie natale. Son mariage arrangé avec Louise-Madeleine Le Peletier de Rosanbo se déroule le 12 mars 1793 à Malesherbes, après qu'il y a rejoint le 31 janvier sa prestigieuse belle-famille. Au centre de ce cercle familial se trouve Chrétien-Guillaume Lamoignon de Malesherbes, le défenseur de Louis XVI, qui l'accueille comme un fils et vis-à-vis duquel Hervé de Tocqueville ne cache pas son admiration. L'arrestation, la condamnation et la décapitation de la plupart des membres de sa nouvelle famille, qu'Hervé de Tocqueville décrit de façon particulièrement pathétique dans ses Mémoires, le laisse de nouveau orphelin, seul chef de famille à l'âge de vingt-deux ans. Avec son épouse, il a lui-même échappé de justesse à l'échafaud puisque, à l'en croire, leur exécution capitale était prévue pour le lendemain du 9 Thermidor qui marque la chute de Robespierre. Ils sont libérés le 20 octobre 1793, et si la douleur et le désespoir ont altéré la santé de sa femme, il se trouve lui-même à la fois profondément éprouvé par cette expérience et écrasé par le sentiment des devoirs qui sont désormais les siens : à partir de cette "expérience du malheur", il va lui falloir reconstruire sa famille, sa propre carrière et sa fortune.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  

Archives

Extrait d'acte de naissance d'Hervé de Tocqueville

Extrait d'acte de naissance d'Hervé de Tocqueville
©  CHAN

Lettre du comte de Damas en faveur de son neveu

Lettre du comte de Damas en faveur de son neveu
© Archives de l'armée de terre

Nomination le 1er avril 1791

Nomination comme sous-lieutenant
© Archives de l'armée de terre

Relevé des services d'Hervé de Tocqueville au Ministère de la guerre

Relevé des services d'Hervé de Tocqueville au Ministère de la guerre
© Archives de l'armée de terre

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