aller au menu principal - aller aux sous-menus - aller au contenu-texte - le plan du site - politique d'accessibilité

Portraits


Son ascendance

Le traumatisme de la Révolution française : une famille décimée sous la Terreur

Appel des dernières victimes de la Terreur

Appel des dernières victimes de la Terreur, Charles Louis Müller
© RMN/Gérard Blot

Mais plus que tous ses titres de noblesse, ce que cette famille a véritablement légué à Alexis, lui qui n'a jamais tenu à porter son titre de comte, c'est l'expérience traumatisante qui fut la sienne sous la Terreur et qui marque la fin d'un ancien monde, celui de ses parents et de ses grands-parents, qui ne pourra être le sien. Les Mémoires d'Hervé de Tocqueville retracent fidèlement le déroulement de ces funestes événements, qui commencent au soir du 17 décembre 1793, alors que toute la famille est réunie dans la salle à manger du château de Malesherbes et que le concierge fait irruption pour déclarer : "Citoyen Rosanbo, il y a des citoyens de Paris qui vous demandent". L'arrestation de l'ancien président au parlement de Paris est accompagné d'un ordre de perquisition dans son hôtel parisien, où les commissaires du Comité de sûreté générale saisissent le document original de la protestation du Parlement contre son abolition, la pièce qu'ils recherchaient. Le Comité ordonne alors que l'on fouille les papiers des autres membres de la famille réunis à Malesherbes et saisit de la correspondance d'émigration : le 20 décembre, la famille toute entière est arrêtée, présentée aux membres du Comité révolutionnaire de la section de Bondy, puis séparée et emmenée dans différentes maisons de détention, dont Hervé de Tocqueville décrit l'atmosphère avec effroi.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  
La famille sera par la suite réunie à la prison de Port-Libre, jusqu'à ce que M. de Rosanbo soit traduit au tribunal révolutionnaire le 20 avril 1794 avec d'autres membres du parlement de Paris. "Quelques heures après ils avaient cessé d'exister" conclut laconiquement Hervé de Tocqueville avant de poursuivre son tragique récit. "Le 21 avril, un guichetier de la mine la plus féroce entra dans notre chambre et prononça ces terribles mots : "Citoyen Malesherbes, citoyenne Rosanbo, Chateaubriand mari et femme, on vous demande au greffe." Cette accablante nouvelle nous laissa à peine le temps de réfléchir et de sentir l'horreur d'un pareil moment ; car notre infortune dépassait toutes les limites que l'imagination avait pu concevoir."

« La hache révolutionnaire planait sur toutes les têtes. La destinée de chacun de nous semblait être fixée et cette destinée était l'échafaud, qui ne pouvait manquer de nous atteindre dans un délai plus ou moins long. »
(Mémoires, Hervé de Tocqueville)

Sans oublier de rendre hommage au courage de ces hommes et de ces femmes face à l'annonce de leur mort certaine, Hervé de Tocqueville insiste également dans son récit sur le caractère injuste et arbitraire des accusations qui leur sont faites, et sur la démultiplication des procès expéditifs qui accompagnent les derniers jours de la Terreur. Lui-même et son épouse devaient être jugés le 12 Thermidor, lorsque la chute de Robespierre leur rend la liberté. Mais ils étaient rentrés neuf dans "cette maison de douleur", et ils n'en sortaient que quatre, avec le couple des Le Peletier d'Aunay, marqués à jamais dans leur chair et dans leur âme par les sentiments d'horreur et d'effroi qui ne les ont quitté durant ces dix mois de détention.

Voir le procès
de Louis XVI

Fin tragique de Louis XVI

Fin tragique de Louis XVI exécuté le 21 janvier 1793,
Pierre-André Le Beau d'après Fious
© PMVP

Bas relief représentant Chrétien-Guillaume Lamoignon de Malesherbes et Louis XVI

Bas relief représentant Chrétien-Guillaume Lamoignon de Malesherbes et Louis XVI
© A.Hoffer

Archives

Correspondance saisie par les Comités de sûreté générale

Correspondance saisie par les Comités de sûreté générale
© CHAN

Acte d'accusation contre Malesherbes

Acte d'accusation contre Malesherbes, 3 floréal an II
© CHAN

Jugement contre Malesherbes et sa famille

Jugement contre Malesherbes et sa famille, 3 floréal an II
© CHAN

Haut de page