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Portraits


Ses amis

Mme Swetchine
« Vous êtes de ces personnes rares, Madame, qui inspirent à la fois le respect et la confiance : deux sentiments qui ne vont pas toujours ensemble... Je les ai éprouvés aussitôt tous deux en vous approchant et, après avoir passé quelques moments seulement avec vous, je me suis senti disposé à cette ouverture de cœur à laquelle la longueur du temps et l'expérience seules disposent d'ordinaire. »
(Lettre à Mme Swetchine,
20 juillet 1855)

Madame de Swetchine est née Sophia Petrovna Soïmonov à Moscou le 22 novembre 1782. Elle passe sa jeunesse au milieu des fastes de la cour sous Catherine IICatherine II de Russie (1729 - 1796)
Sophie d'Anhalt-Zerbst, princesse allemande convertie à l'orthodoxie, épouse Pierre III qu'elle déteste et détrône. Elle régna seule et illégalement sous le nom de Catherine II, à partir de 1762.
, dont son père est le conseiller intime. Issue d'une famille de savants et d'historiens, elle reçoit une éducation au projet encyclopédique qui aiguise sa curiosité et lui impose l'apprentissage, en plus du russe et du français, de la plupart des langues européennes. Son mariage avec le général Nicolas Serguiévitch Swetchine, descendant de vieille noblesse russe, est arrangé par son père en 1799 alors qu'elle n'est âgée que de dix-sept ans, tandis que son époux est de vingt-trois ans son aîné. Cette importante différence d'âge n'altèrera néanmoins jamais leur relation ni leur complicité jusqu'au décès de ce dernier en 1851. Les deux événements qui bouleversent en revanche totalement sa vie, sont d'abord sa décision de se convertir ouvertement au catholicisme après avoir subi, comme toute la cour de Saint-Petersbourg, l'influence des Jésuites et ensuite de venir en 1816 vivre à Paris avec son époux.
Rapidement intégrée aux cercles intellectuels parisiens, et plus particulièrement tout d'abord au mouvement traditionaliste dont Joseph de MaistreJoseph de Maistre (1753-1821)
Écrivain et philosophe savoyard. Le plus important théoricien de la pensée contre-révolutionnaire. Il condamne le peuple français, coupable envers son souverain et la religion : Dieu châtie la France, modèle de l'Europe pour son irréligion et son impiété.
et Louis de BonaldLouis de Bonald (1754-1840)
Philosophe et écrivain politique français, le vicomte Louis de Bonald fut, avec Joseph de Maistre, l'un des principaux intellectuels contre-révolutionnaires. Fervent monarchiste et catholique, il critiqua la Déclaration des droits de l'Homme avec véhémence.
sont les chefs de file, elle décide progressivement d'ouvrir son salon à toutes les tendances du catholicisme français. Elle s'installe en 1826, au 71 de la rue Saint-Dominique, et c'est à cette adresse qu'elle anime pendant quarante ans un salon où sont amenées à se rencontrer toutes les célébrités littéraires, politiques et ecclésiastiques françaises. Grâce à ce rôle, et aux nombreuses actions caritatives qu'elle entreprend, son catholicisme fervent et éclairé, qui prend la forme d'une foi rationnelle et intellectualisée, a exercé une influence profonde sur le monde catholique français jusqu'à sa mort en 1856. Bien que sa rencontre avec Alexis de Tocqueville doive, selon toute vraisemblance, s'être produite dans les années 1840, ce n'est qu'à partir de 1855 qu'elle pénètre véritablement le cercle de ses amitiés en entretenant avec lui une correspondance serrée, qui témoigne de la relation très particulière qui unissait ces deux êtres. En fait, grâce à son intelligence humaine et religieuse, grâce aussi à sa grande lucidité et à sa bonté sincère, Madame de Swetchine est devenue en l'espace de quelques échanges épistoliers l'un des interlocuteurs préférés de Tocqueville, mieux que cela, sa confidente.

Portrait de la contesse de Swetchine, anonyme

Portrait de la comtesse de Swetchine, anonyme ; Département des Estampes
© BNF

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