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Portraits


Ses amis

Victor Lanjuinais
« En somme, c'était un associé très sûr et, à tout prendre, le plus honnête homme que j'aie rencontré dans la vie publique et celui de tous qui m'ait paru mêler à son amour du bien public le moins de vues particulières ou intéressées. »
(A. de Tocqueville Souvenirs,
IIIe partie, chap. 1)

À l'heure où il est pressenti pour devenir ministre des Affaires étrangères sous la Seconde République, Tocqueville ne semble poser qu'une seule condition à son entrée dans le gouvernement : que son ami Victor Lanjuinais obtienne également un portefeuille ministériel. C'est assez dire quelle confiance il place chez cet ami qui n'est autre que le fils du célèbre conventionnel Jean-Denis Lanjuinais. Né en 1802, il appartient à la même génération que lui et leurs parcours sont largement semblables : après avoir commencé sa carrière au barreau, Lanjuinais, qui désire entrer en politique, est élu député de Loire-Inférieure en 1838. Il occupe ce siège jusqu'en 1848 et doit à sa vie parlementaire d'avoir rencontré Tocqueville, qui partage ses opinions libérales et qui l'implique dans la plupart de ses projets politiques : Victor Lanjuinais participe ainsi à l'aventure du Commerce en prenant des parts dans la société d'exploitation du journal et s'intéresse vivement au projet de constitution d'un parti de la "Jeune Gauche". Il partage également avec Tocqueville son goût des voyages et s'inquiète comme son ami du sort de la colonie française d'Algérie, où les deux amis se retrouvent d'ailleurs en 1846.

« Son humeur était aussi calme et aussi paisible que la mienne était inquiète et troublée. Méthodique, lent, paresseux, prudent, méticuleux même, il n'entrait que très difficilement dans une entreprise ; mais, une fois entré, n'y reculait jamais et s'y montrait jusqu'au bout résolu et têtu comme un paysan breton. »
(A. de Tocqueville Souvenirs,
IIIe partie, chap. 1)

Mais c'est surtout sous la Seconde République, dans un paysage politique que la situation particulière du pays rend très complexe, qu'il devient l'un de ses plus fidèles alliés au point d'être appelé à son soutien dans le second ministère Barrot. Tocqueville écrira dans ses Souvenirs qu'il avait besoin de la fidélité de son amitié et que la France ne pourrait que bénéficier de son souci de l'intérêt public. Comme il a toujours été féru de sciences économiques et de politique monétaire, il est nommé au poste de ministre du Commerce. Après le 2 décembre 1851, décidé comme la plupart des amis politiques de Tocqueville à se retirer de la vie publique, il retourne à ses chères études économiques et multiplie ses voyages ; il continue également à fréquenter régulièrement les Tocqueville, dont il reste l'un des correspondants réguliers. Il finit cependant par reprendre la vie politique comme député de l'opposition libérale sous l'Empire, avant de s'éteindre en 1869.

Portrait de Victor Lanjuinais, anonyme ; Département des Estampes © BNF

Portrait de Victor Lanjuinais, anonyme ; Département des Estampes
© BNF

Caricature de Victor Lanjuinais

Caricature de Victor Lanjuinais, Cham
© Olivier Ménard

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