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Portraits


Ses amis

Louis de Kergorlay

Portrait de Louis de Kergorlay

Portrait de Louis de Kergorlay, anonyme ; Département des Estampes © BNF

"Cheveux : châtain blond ; front : couvert ; nez : droit ; yeux : bleus ; bouche : moyenne ; menton : rond ; visage : ovale ; taille : un mètre soixante-huit centimètres ; marque apparente : une cicatrice dans le sourcil droit." Tels sont les signes distinctifs de Louis de Kergorlay alors qu'il entre en 1824 à l'École polytechnique, à l'âge de vingt ans. La postérité a ajouté à cette description qu'il est surtout le véritable ami d'enfance d'Alexis de Tocqueville. Tout semble les rapprocher : à peu près du même âge, puisque Louis est né le 28 août 1804, ils sont même cousins, puisqu'ils descendent tous deux du père de Malesherbes, et leurs familles respectives, qui appartiennent au même monde de la haute noblesse française, sont amenées à souvent se fréquenter. Ces affinités expliquent peut-être que les deux hommes seront toujours fidèles aux amis qu'ils ont été enfants, malgré les trajectoires extrêmement différentes qu'ils suivront dans leurs vies et dans leurs carrières. Bien que Kergorlay ait essayé de l'en convaincre, Tocqueville ne le suit pas dans son choix d'études scientifiques qui doivent le conduire à une carrière militaire. Entré à l'École polytechnique en novembre 1824, il est en effet nommé à sa sortie, le 7 novembre 1826, sous-lieutenant à l'École d'artillerie de Metz, avant d'être affecté, grâce à une intervention de son père, au 2e régiment d'artillerie à pied avec lequel il participe aux premières offensives de la conquête de l'Algérie au début de l'été 1830.

« Il y a toute une grande partie de mon âme dont toi seul au monde as la clef. »
(Lettre à Louis de Kergorlay, 24 septembre 1836)

Mais les événements de Juillet vont profondément bouleverser sa vie et ruiner ses rêves de carrière militaire. Resté fidèle aux opinions légitimistes de son entourage familial et en particulier de son père, c'est fièrement que Louis de Kergorlay refuse, contrairement à Tocqueville, de prêter serment à Louis-Philippe - qu'il haïra toute sa vie comme un usurpateur - et devient donc démissionnaire aux yeux de l'administration militaire.
Sa participation à la rocambolesque affaire de la duchesse de BerryMarie-Caroline
de Bourbon-Sicile,
duchesse de Berry
(1798-1870)

En 1832, elle fomente une conspiration : renverser Louis-Philippe d'Orléans afin de mettre sur le trône l'héritier légitime, Henri V, le dernier des Bourbon, fils posthume du duc de Berry, son mari assassiné en 1820 à Paris. Elle débarque secrètement sur les côtes de Provence mais échoue et doit se cacher. Pourchassée par la police, elle parvient à gagner la Vendée, puis Nantes où elle est découverte et emprisonnée à Blaye. Chateaubriand prend sa défense et devient son soutien officiel.
. n'est alors que la suite logique de la position légitimiste qu'il défendra dorénavant jusqu'à la fin de ses jours. Une fois son élan brisé, Kergorlay passe de longues années sous la Monarchie de Juillet à rester inactif (ce que regrette amèrement Tocqueville) et à caresser des projets, tel que celui d'un essai politique sur l'Allemagne, qui ne voient jamais le jour.

Esplanade et palais de justice de Metz ; Collections patrimoniales © Bibliothèque de Metz

Esplanade et palais de justice de Metz
© Bibliothèque de Metz

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Mais Louis semble mettre un point d'honneur à rester fidèle aux vertus chevaleresques qu'il s'est choisies et, par son inaction, à marquer son désaccord avec la situation de la France. Certes, en 1848 et 1849, il travaille à diriger aux côtés d'Arthur de Gobineau la Revue provinciale, mais ce n'est véritablement que dans les années 1850 qu'il est contraint, pour des raisons financières, de retrouver une vie active en travaillant dans des affaires industrielles. Il n'a cependant, durant toute sa vie, jamais cessé de soutenir et de conseiller son ami Tocqueville, dans ses projets de mariage comme dans sa vie de couple, dans ses décisions politiques comme dans ses œuvres dont il obtient souvent la primeur, de sorte que leur amitié doit être placée sous le double signe d'une grande tendresse et d'une indéfectible fidélité : le 16 avril 1859, lorsque Tocqueville meurt à Cannes, Louis de Kergorlay est à son chevet.

Archives

Description de l'identité et registres de notes de Kergorlay, de 1824 à 1826

Description de l'identité et registres de notes de Kergorlay, de 1824 à 1826 © Archives de l'École polytechnique

Nomination comme sous-lieutenant à l'école d'artillerie du génie à Metz, datée du 26 novembre 1826

Nomination comme sous-lieutenant à l'école d'artillerie du génie à Metz © Archives de l'Armée de terre

Certificat des services de Kergorlay, daté du 11 mars 1829 © Archives de l'Armée de terre

Certificat des services de Kergorlay © Archives de l'Armée de terre

Note au ministre de la Guerre faisant état de la demande de Louis de Kergorlay pour faire partie des régiments participants à l'expédition en Algérie

Demande de Louis de Kergorlay pour faire partie de l'expédition en Algérie, 1830 © Archives de l'Armée de terre

Le maréchal de Bourmont demande une citation militaire pour Louis de Kergorlay

Le maréchal de Bourmont demande une citation militaire pour Louis de Kergorlay © Archives de l'Armée de terre

Minute du rapport du ministère sur la démission de Louis de Kergorlay

Minute du rapport du ministère sur la démission de Louis de Kergorlay © Archives de l'Armée de terre

Lettre de démission de l'armée de Louis de Kergorlay à M. le colonel du 2e régiment d'artillerie

Lettre de démission de l'armée de Louis de Kergorlay © Archives de l'Armée de terre

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