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Portraits


Ses amis

Jules Armand Dufaure
« Il se tenait à part, non seulement des intrigues, mais du contact des partis, détestant le mouvement des assemblées, redoutant la tribune qui était pourtant sa seule force, ambitieux pourtant à sa manière, mais d'une ambition mesurée et un peu subalterne, qui visait au maniement des affaires plutôt qu'à leur domination. »
(A. de Tocqueville Souvenirs,
IIIe partie, ch. 3)

Jules Armand Dufaure, que Tocqueville appelle souvent dans leur correspondance "mon cher collègue", appartient à la même génération et à la même race d'hommes politiques que ce dernier. Il est né le 4 décembre 1798 à Saujon en Charente-Maritime et, après avoir commencé sa carrière au barreau, est élu député en 1834. Il s'affiche clairement comme un libéral et devient ministre des Travaux publics dans le ministère SoultJean de Dieu Soult
(1769 - 1851)

Maréchal d'Empire, Soult devient ministre de la Guerre sous Louis XVIII. Pair de France sous Charles X, il joue son plus grand rôle politique sous Louis-Philippe. D'abord ministre de la Guerre puis président du Conseil, il est l'ambassadeur de la France en avril 1838. Il occupe le poste de Ministre des Affaires étrangères de 1840 à 1847.
en 1839. C'est peu après cette époque que Tocqueville fait sa connaissance, vraisemblablement sur les bancs de la Chambre des députés. Les deux hommes, dont les vues sont souvent très proches (que ce soit sur l'Algérie ou sur la nécessité de fonder le nouveau parti de la "Jeune Gauche"), semblent s'être rapidement liés d'amitié, et ils s'engagent par la suite dans des trajectoires politiques parallèles. Tout comme Tocqueville, Dufaure refuse de participer à la "campagne des banquets" qui conteste l'autorité de Louis-Philippe, mais se rallie néanmoins à la République en 1848. Il fait également partie de la commission chargée de rédiger la constitution, et il est même appelé au ministère de l'Intérieur par CavaignacLouis Eugène Cavaignac
( 1802-1857)

Général et homme politique républicain, Cavaignac est un ancien élève de l'École polytechnique et officier du Génie. En 1832, il est affecté en Algérie et devient Maréchal de Camp en 1844. Il est nommé gouverneur général de l'Algérie en 1848. La même année, lui est confié le ministère de la Guerre à Paris. Le 2 décembre 1851, il est arrêté et emprisonné durant un mois. Élu au corps législatif en 1852, il refusa de prêter serment et fut déclaré démissionnaire.
. Il retrouve ce poste dans le second ministère Barrot, dans lequel Tocqueville occupe le siège de ministre des Affaires étrangères. Il est amené durant ce ministère à décréter l'état de siège et à organiser la répression de la tentative révolutionnaire du 13 juin 1849.

« Je dirais volontiers de celui-là que c'est un homme de pierre, aussi immuable et impassible. »
(Lettre à Louis de Lamoricière,
24 novembre 1852)

Après avoir fait partie des députés contestant le coup d'État du 2 décembre 1851, il décide d'abandonner la vie politique. Il connaît cependant une seconde carrière après l'instauration de la IIIe République, dont il a participé à la fondation aux côtés de son ami Adolphe Thiers : il en sera notamment le président du Conseil en 1876, puis entre 1877 et 1879, où il s'illustre en défendant le principe de la république parlementaire. Il s'éteint le 27 juin 1881 à Rueil, après plus de quarante années de vie politique, durant lesquelles il est toujours resté fidèle à ses convictions libérales, à son intégrité politique et à son indépendance d'esprit.

Portrait de Victor Lanjuinais, anonyme ; Département des Estampes © BNF

Portrait de Jules Armand Stanislas Dufaure, anonyme ; Département des Estampes
© BNF

Caricature de Jules Armand Dufaure

Caricature de Jules Armand Dufaure, Cham
© Olivier Ménard

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