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Portraits


Ses amis

Pierre Paul Royer-Collard
« M. Royer-Collard a été pour la France entière un admirable exemple, un grand esprit (...) ; mais, pour moi, il est autre chose encore. Il m'avait accoutumé à voir en lui presque un père. »
(Lettre à Madame Royer-Collard,
9 août 1845)

Lorsqu'en 1835 Tocqueville rencontre Pierre Paul Royer-Collard, celui-ci est déjà âgé de soixante-douze ans et siège encore à la Chambre des députés comme représentant de Vitry-le-François, après s'être finalement rallié à la Monarchie de Juillet, qu'il considère comme un moindre mal dans son rôle de rempart à l'anarchie politique. Cultivant son indépendance parmi les autres députés, il fait figure de grand homme du passé, auréolé du souvenir des profonds débats de la vie politique sous la Restauration, qui ont révélé ses talents d'orateur jansénisteJansénisme
Courant théologique inspiré de l'évêque hollandais Cornélius Jansénius qui se développe en France, aux Pays-Bas et en Italie jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Le jansénisme se présente comme la doctrine authentique de Saint Augustin sur la prédestination et la grâce divine dans leur rapport au libre arbitre de l'homme.
. Il est vrai que, depuis la Révolution française et à l'exception de l'époque impériale, où il devient professeur d'histoire de la philosophie à la Sorbonne, Royer-Collard occupe le devant de la scène politique. Il joue notamment un rôle éminent sous la Restauration en tant que député de la Marne, en tant que président de la commission de l'Instruction publique (de 1815 à 1820) et chef du parti des doctrinaires. À compter de la Révolution de Juillet toutefois, Royer-Collard s'occupe davantage de l'Académie française - à laquelle il a été élu en 1827 - que de la Chambre des députés. Aussi commence-t-il par défendre ardemment devant ses pairs académiciens De la démocratie en Amérique, dont il est d'emblée l'un des lecteurs les plus enthousiastes, puis sollicite-t-il Tocqueville pour le rencontrer. La proximité de leurs jugements concernant les progrès inéluctables de la démocratie dans le monde moderne, l'a certainement séduite, mais la relation entre les deux hommes met au jour de nombreuses autres affinités intellectuelles qui sous-tendent des rapports de maître à disciple, voire de père à fils. De tels liens expliquent également que leurs rapports n'échappent pas toujours aux malentendus, aux remontrances et aux vexations ainsi qu'aux divergences politiques lorsqu'ils sont, à partir de 1839, tous deux membres de la même Chambre. Leur estime intellectuelle réciproque saura néanmoins dépasser tous ces dissentiments, et Royer-Collard comptera parmi les rares lecteurs du deuxième tome De la démocratie en Amérique à avoir su l'apprécier à sa juste valeur. Lorsqu'il s'éteint en 1845, Tocqueville rend d'ailleurs hommage à l'un de ses meilleurs amis, peut-être même à celui de ses amis qui a le mieux compris son œuvre.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  

Portrait de Pierre Paul Royer-Collard

Portrait de Pierre Paul Royer-Collard, anonyme ; Département des Estampes
© BNF

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