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Portraits


Ses amis

Gustave de Beaumont

Les deux amis ont longtemps redouté que leurs mariages respectifs ne les éloignent l'un de l'autre, d'autant qu'ils choisissent à peu d'intervalle des épouses très dissemblables, puisque Beaumont célèbre en 1836 son mariage avec Clémentine de Lafayette, la petite-fille du célèbre général, alors que Tocqueville s'est uni à Marie Mottley en 1835. Il n'en sera jamais rien et les épouses des deux hommes finissent même par devenir amies. En revanche, leurs carrières de député sous la Monarchie de Juillet, qui commencent en 1839, après qu'ils ont tous deux essuyé un échec électoral en 1837, éprouvent grandement leur amitié. En effet, alors que Tocqueville connaît des débuts décevants à la Chambre où il se refuse à prendre part au jeu des partis, Beaumont, qui est finalement élu député de Mamers dans la Sarthe en décembre 1839, est davantage prêt à servir son ambition pressée par des alliances nécessaires - avec Adolphe Thiers notamment - ce que lui reproche amèrement son ami. Leur différend culmine en l'année 1844, quand Beaumont refuse d'accompagner Tocqueville et ses amis politiques dans l'aventure du Commerce, au nom de sa participation assidue à un autre journal, Le Siècle, qui entre en polémique avec le quotidien dirigé par son ami. Ces désaccords ne suffisent cependant pas à briser totalement leur amitié, bien que ce ne soit qu'avec la Révolution de 1848 que leur réconciliation devienne définitive et qu'ils tombent de nouveau en accord sur la conduite à adopter : ils acceptent tous deux la République et participent ensemble, après leur élection à l'Assemblée constituante, à la Commission chargée de rédiger la nouvelle constitution - c'est d'ailleurs à Beaumont, soutenu en cela par son ami, que l'on doit le célèbre article concernant le caractère non rééligible du Président de la République. Le 7 août 1848, Beaumont est nommé ministre plénipotentiaire à Londres et leur correspondance de cette époque témoigne de leur complicité retrouvée.

« Tu es le seul ami avec lequel j'ai conservé intacte l'ouverture de cœur, le laisser-aller de l'esprit, l'intimité en un mot de la jeunesse. Il en a été longtemps de même avec notre pauvre Louis ; mais depuis que celui-ci n'est plus devenu que le mari de sa femme et l'agent passif d'idées et de sentiments qui sont si différents de ceux qui lui sont naturels, il n'y a plus que toi avec lequel je puisse causer de tout à cœur ouvert et dans l'esprit et le cœur duquel je me trouve at home. »
(Lettre à Gustave de Beaumont, 2 janvier 1858)

Aux élections présidentielles du 10 décembre, ils soutiennent d'une même voix Cavaignac, dont la défaite cause la démission de Beaumont toujours en poste à Londres. Elle n'empêche en revanche nullement leurs élections à l'Assemblée Législative, où Beaumont est élu le second de la liste dans le département de la Sarthe, juste après Lamoricière qui, devenu son cousin par alliance, est désormais l'un de ses premiers alliés politiques. Il bénéficie de la nomination de Tocqueville au ministère des Affaires étrangères en obtenant le poste stratégique d'ambassadeur de France à Vienne, Lamoricière étant pour sa part nommé ambassadeur à Moscou. À la chute du ministère, leur démission sera collective. Leur attitude sera tout aussi semblable face au coup d'État du 2 décembre 1851 : ils refusent tous deux de participer au régime impérial, préférant se retirer de la vie publique. Les deux hommes ne cessent alors de se rapprocher, et si Beaumont doit, pour faire face à des difficultés financières, renoncer à la vie mondaine et se retirer avec sa famille dans son modeste château de Beaumont-la-Chartre, il n'en oublie pas pour autant son meilleur ami : il accourt par exemple à ses côtés à Paris pour s'occuper du lancement de L'Ancien Régime et la Révolution, ouvrage qu'il a relu avec attention, alors que Tocqueville est effondré par la mort de son père. Il se précipite à nouveau auprès de lui lorsque ce dernier le supplie dans une lettre particulièrement pathétique   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  , où il vit ses dernières heures. Sa sollicitude se poursuit même au-delà de la date de sa mort, puisque il accepte de diriger la publication posthume de ses œuvres complètes, que son épouse Clémentine achève en 1866 alors qu'il vient d'être enlevé par une épidémie le 30 mars de la même année.

Gustave de Beaumont

Gustave de Beaumont, anonyme ; Département des Estampes © BNF

Archives

Élections de Gustave de Beaumont comme député de la Sarthe en 1839, 1842 et 1846 © AD Sarthe

Élections de Gustave de Beaumont comme député de la Sarthe en 1839, 1842 et 1846
© AD Sarthe

Articles donnés par Gustave de Beaumont dans des journaux

Articles donnés par Gustave de Beaumont : Le Siècle, Le Journal des Débats et L'Union
© CHAN

Liste des représentants du peuple pour le département de la Sarthe, 1848 © CHAN

Liste des représentants du peuple pour le département de la Sarthe en 1848
© CHAN

Bulletin de vote du Comité central napoléonien, 18 mai 1849 © CHAN

Bulletin de vote du Comité central napoléonien dans la Sarthe
© CHAN

Tract électoral du comité républicain de Saint-Calais © CHAN

Tract électoral du comité républicain de Saint-Calais © CHAN

Acte de décès de Gustave de Beaumont daté du 31 mars 1866 © AD Indre-et-Loire

Acte de décès de Gustave de Beaumont à Tours
© AD Indre-et-Loire

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