aller au menu principal - aller aux sous-menus - aller au contenu-texte - le plan du site - politique d'accessibilité

Portraits


Ses amis

Jean-Jacques Ampère
« C'était un homme d'esprit et ce qui vaut mieux, un homme plein de cœur, et d'un commerce doux et sûr. Sa bienveillance le faisait aimer ; il plaisait par une conversation variée spirituelle, amusante, sans méchanceté. »
(A. de Tocqueville, Souvenirs)

Jean-Jacques Ampère est l'un des plus fidèles amis de Tocqueville ainsi que l'un de ses "instruments de conversation" favoris. Il faut dire qu'ils sont deux enfants du XIXe siècle qui appartiennent à ces esprits insatiables de curiosité et à cette race de grands voyageurs qui voient dans le voyage un moyen de connaissance. Il naît le 12 août 1800 de l'union du célèbre physicien André-Marie AmpèreAndré-Marie Ampère
(1775 - 1836)

Physicien, mathématicien et chimiste français, fondateur de l'électromagnétisme. Ampère a laissé son nom à l'unité de courant électrique, l'ampère.
et de Julie Carron, qui succombe à la tuberculose alors qu'il n'est âgé que de quatre ans. Après de brillantes études à Lyon, il rejoint son père à Paris, où ce dernier a installé son laboratoire, mène ses brillantes recherches et enseigne la géophysique. Mais son fils refuse de le suivre dans la voie des sciences de la même façon qu'il se désintéresse de la politique, leur préférant l'histoire, les lettres et les voyages. Ses premières expéditions l'emmènent dans les pays nordiques, dont il veut découvrir in situ la littérature en même temps que les mœurs et les coutumes. Chercheur inlassable, il sillonnera au cours de sa vie le globe dans tous les sens, visitant alternativement l'Europe, l'Orient et l'Amérique, à la recherche continuelle des liens cachés qui unissent une langue et une littérature à une civilisation.

« On n'a pas plus d'esprit et un esprit plus aimable qu'Ampère, l'humeur aussi indépendante que celle d'un oiseau et en même temps une facilité de caractère qui, pour un temps, lui fait non seulement adopter volontiers tout genre de vie, mais y entrer avec joie et s'y complaire. »
(Lettre à Francisque de Corcelle,
2 octobre 1854)

De retour en France, il enseigne la littérature et rédige de nombreux ouvrages, dont les plus célèbres restent L'histoire romaine à Rome, Dante et son œuvre et une Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle. Il devient également l'un des invités des salons parisiens les plus recherchés, grâce à la vivacité de son esprit, à sa culture encyclopédique et à sa grande curiosité. Il y croise notamment Chateaubriand, Paul de NoaillesPaul de Noailles (1802-1885)
Ami et confident de Chateaubriand, il se présenta à l'Académie française pour lui succéder, avec l'appui de Madame de Récamier.
et Juliette RécamierJuliette Récamier (1777-1849)
Figure dominante de la société parisienne après la Révolution, ses salons eurent une grande renommée. Elle y recevait les noms les plus illustres du XIXe siècle et vécut une passion légendaire avec Chateaubriand.
. C'est dans le salon de cette dernière qu'il rencontre Alexis de Tocqueville vers 1835. Il devient à partir de cette date un hôte régulier du château de Tocqueville, où une chambre dans l'une des tours, baptisée "la chambre Ampère", lui est dévolue. Les deux hommes seront toujours fidèles dans leur amitié, que ce soit par leur correspondance échangée ou par les occasions saisies de se retrouver en chair et en os pour poursuivre leurs discussions, comme c'est le cas durant l'hiver 1850 où Jean-Jacques Ampère, élu à l'Académie depuis deux ans, vient le retrouver à Sorrente, pour le plus grand plaisir de son ami. Il meurt à Pau le 27 mars 1864.

Portrait photographique de Jean-Jacques Ampère

Portrait photographique de Jean-Jacques Ampère, Adam Salomon ; Département des Estampes
© BNF

Haut de page