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Portraits


A. de Tocqueville avant l'Amérique

1827-1830, la magistrature à Versailles :
une période charnière dans sa formation intellectuelle
« Il n'y a pas à dire, c'est l'homme politique qu'il faut faire en nous. Et pour cela, c'est l'histoire des hommes et surtout ceux qui nous ont précédé le plus immédiatement dans le monde qu'il faut étudier. »
(Lettre à Gustave de Beaumont,
25 octobre 1829)

À dire vrai néanmoins, ce qui occupe durant ces années versaillaises autant l'esprit de Tocqueville que ses réquisitoires au tribunal, ce sont les nouveaux amis qu'il y rencontre et qui ne sont autres qu'Ernest de Blosseville, Ernest de Chabrol et surtout Gustave de Beaumont. Ce dernier deviendra par la suite, on le sait, son éternel compagnon de voyage voire le plus fidèle de ses amis, mais il exerce dès cette époque une grande influence sur lui. Leur complicité est grande et immédiate. Ils partagent d'ailleurs un temps le même appartement rue d'Anjou à Versailles (jusqu'à ce que Gustave de Beaumont n'obtienne une vraie place de substitut du procureur à Paris le 27 septembre 1829, ce qui ne manquera pas de susciter un vif accent de jalousie chez son nouvel ami). Cette complicité est également intellectuelle puisqu'ils décident de suivre ensemble et parallèlement à leur activité au tribunal, un rigoureux programme d'études. Celui-ci prévoit pour les deux amis, outre diverses lectures d'économistes ou d'historiens, d'assister assidûment entre 1828 et 1830 aux célèbres cours professés à la Sorbonne par Guizot sur l'Histoire de la civilisation en Europe et en France. Cet enseignement qui influencera quelques temps la pensée de Tocqueville, l'encourageant à rompre avec le légitimisme familial et à se rapprocher du mouvement libéral, lui laissera durablement le goût des grandes synthèses historiques. La période versaillaise l'aura donc considérablement changé et rendu plus indépendant vis-à-vis de sa famille, d'autant plus que c'est également à cette époque qu'il rencontre Marie Mottley qui devient sa maîtresse, et qu'il commence à rêver d'un destin politique.

« Secondement mes compagnons qui ont tous l'air plus ou moins cuistres, présentent cependant plus de ressources que je n'avais cru d'abord [...]. En les examinant de près, j'ai trouvé parmi eux un ou deux jeunes gens véritablement d'honneur et pleins de bons sentiments et de conscience. Cette découverte m'a fait surmonter le dégoût qu'inspirent naturellement la tournure et les mœurs légales. »
(Lettre à Louis de Kergorlay, 23 juillet 1827)

'Caricature du perroquet de François Guizot'

Caricature du perroquet de François Guizot, Honoré Daumier; Musée de Lisieux
© AD Manche/A. Poirier

Portrait de Gustave de Beaumont © AD Sarthe

Portrait de Gustave de Beaumont © AD Sarthe

Archives

Notes prises durant les cours de François Guizot à la Sorbonne © AD Manche / Poirier

Notes prises durant les cours de François Guizot à la Sorbonne
© AD Manche / Poirier

Prestation de Serment d'Alexis de Tocqueville aux fonctions de juge-auditeur le 25 mai 1827 © AD Yvelines

Prestation de Serment d'Alexis de Tocqueville aux fonctions de juge-auditeur
© AD Yvelines

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