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Œuvre


Souvenirs

Première partie
« Je ne veux pas faire l'histoire de la révolution de 1848. Je tâche seulement de retrouver la trace de mes actions, de mes idées et de mes impressions au travers de cette révolution. »
(Souvenirs, IIe partie, chap. 3)

Durant l'hiver 1850, Tocqueville est victime d'un premier accès de tuberculose et il est contraint à solliciter son congé de l'Assemblée législative le 26 mars de la même année. Désireux de rétablir sa santé et de dresser le bilan de son engagement politique, il prolonge alors sa convalescence au château de Tocqueville, où il commence la rédaction de ses Souvenirs, en s'aidant d'une collection de journaux qu'il a pu trouver à Valognes. Toute la première partie du texte est rédigée à cette époque : elle s'attache, après avoir présenté le projet de l'auteur de dresser le portrait de la "physionomie générale de l'époque qui a précédé la Révolution de 1848", à décrire les événements de février 1848 depuis les "signes avant-coureurs de cette Révolution" jusqu'à la chute de la Monarchie de Juillet. La première partie du texte s'ouvre ainsi par un long essai traitant des causes de l'échec de la Monarchie de Juillet, où Tocqueville accuse explicitement la classe gouvernante bourgeoise de s'être, par son "esprit de tromperie, de bassesse et de corruption", entièrement isolée "du peuple dont elle était sortie", d'avoir fait tourner les affaires publiques à son profit et d'être par-là même responsable de l'insurrection populaire ; elle se poursuit par un deuxième chapitre sur la campagne des banquets auquel Tocqueville a refusé de prendre part et s'achève par trois copieux chapitres consacrés au déroulement des journées révolutionnaires de février 1848. Le récit l'emporte alors sur les analyses, sans que la plume de Tocqueville n'omette d'égratigner de quelques pointes féroces les principaux protagonistes des événements, qu'il s'agisse des vainqueurs ou des vaincus. On a souvent remarqué, et à juste titre, combien son regard était dans ces pages proche de celui d'un caricaturiste se plaisant à dépeindre le monde politique qui s'agite sous ses yeux sous les traits d'un formidable bestiaire : Lacordaire semble un vautour, Hébert a "une longue plume placée d'ordinaire en travers de la bouche et qui de loin paraissait la barbe hérissée d'un chat", Dupin est "moitié singe et moitié chacal, sans cesse mordant, grimaçant, gambadant et toujours prêt à se jeter sur le malheureux qui tombait" et Barrot rassemble ses ministres comme la poule ses poussins. Mais les Souvenirs en sont-ils pour autant un miroir déformant ? Comme pour s'en défendre, Tocqueville prévient le lecteur que c'est l'ensemble des événements qui lui semble être "une vilaine tragédie jouée par des histrions de province" et que cette apparence de comédie humaine est bien davantage le fait des acteurs eux-mêmes qu'une invention de l'auteur. Toute ironie disparaît d'ailleurs de son texte lorsqu'il s'agit pour lui d'évoquer avec émotion le courage de la Duchesse d'OrléansMarie-Caroline de Bourbon-Sicile
duchesse de Berry (1798-1870)
En 1832, elle fomente une conspiration : renverser Louis-Philippe d'Orléans afin de mettre sur le trône l'héritier légitime, Henri V, le dernier des Bourbon, fils posthume du duc de Berry, son mari assassiné en 1820 à Paris. Elle débarque secrètement sur les côtes de Provence mais échoue et doit se cacher. Pourchassée par la police, elle parvient à gagner la Vendée, puis Nantes où elle est découverte et emprisonnée à Blaye. Chateaubriand prend sa défense et devient son soutien officiel.
venue à la Chambre défendre en vain la solution de la Régence.

Jupiter (Barrot), Cham

Jupiter (Barrot), Cham, gravure tirée de l'Assemblée nationale comique ; coll. privée
© Olivier Ménard

Caricature d'Alexis Tocqueville, Cham

Caricature d'Alexis Tocqueville, Cham
© Olivier Ménard

'Caricature du perroquet de François Guizot'

Caricature du perroquet de François Guizot, Honoré Daumier; Musée de Lisieux
© AD Manche/A. Poirier

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