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Œuvre


L'Ancien Régime et la Révolution

Composition de l'œuvre et argument du livre I
« Tout ce que la Révolution a fait, se fût fait, je n'en doute pas sans elle. »
(L'Ancien Régime et la Révolution)

Le plan final de l'Ancien Régime rompt avec la conception traditionnelle des travaux d'histoire en refusant le récit, comme le prouve le fait qu'il soit, dans sa composition, bien davantage soumis à l'organisation logique de l'argumentation qu'au respect de la chronologie. En effet, alors que la première partie tente de déterminer la nature et la portée exacte de la Révolution française, les deuxième et troisième parties (qui ne furent séparées par l'auteur qu'au moment de la première réimpression du texte en octobre 1856) s'attachent à comprendre méthodiquement pourquoi la Révolution a éclaté en France plutôt qu'ailleurs en recherchant successivement les causes profondes de la Révolution, n'hésitant pas pour ce faire à remonter en deçà du règne de Louis XIV, puis les causes plus récentes qui apparaissent en France à partir de 1750. En résumé, Tocqueville part du caractère inédit de l'événement pour en déterminer les causes les plus anciennes puis les éléments déclencheurs, tout en n'oubliant pas l'idée paradoxale à laquelle ses recherches l'ont amené, à savoir que la Révolution, contrairement aux ambitions qu'elle affichait, loin de faire table rase du passé, a en revanche réinvesti dans le nouveau monde les habitudes administratives, les mœurs et les idées de l'Ancien Régime.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  

« Pour bien comprendre et la Révolution et son œuvre, il fallait oublier un moment la France que nous voyons, et aller interroger dans son tombeau la France qui n'est plus.
C'est ce que j'ai cherché à faire ici. »
(L'Ancien Régime et la Révolution)

Dans la première partie de l'ouvrage, Tocqueville tente donc de déterminer la portée exacte de la Révolution française qu'il définit en ces termes : son but a été "d'abolir les sociétés politiques qui, pendant plusieurs siècles, avaient régné sans partage sur la plupart des peuples européens et que l'on désigne d'ordinaire sous le nom d'institutions féodales, pour y substituer un ordre social et politique plus uniforme et plus simple qui avait l'égalité des conditions pour base". Pourtant, bien que de nature sociale et politique, la Révolution s'est voulue "universelle" à l'image d'une révolution religieuse, ce qui explique qu'elle ait dû combattre les autres croyances pour y substituer l'idéologie révolutionnaire, issue de la pensée des Lumières. Or si la Révolution française, cette "religion nouvelle, religion imparfaite, sans Dieu" a connu une telle fortune en France, c'est parce qu'elle n'est que la continuation logique du long processus de désagrégation de la société issue du monde féodal qui est à l'œuvre depuis la Renaissance dans toute l'Europe de l'Ouest. Ceci étant établi au terme du premier livre, Tocqueville est alors en mesure de relancer son raisonnement en posant clairement la double interrogation qui l'occupera dans les deuxièmes et troisièmes parties de l'ouvrage, à savoir : pourquoi la Révolution a-t-elle d'abord éclaté en France et pourquoi n'y a-t-elle toujours pas trouvé son terme ?

J'suis du Tiers-état. Eau-forte coloriée, anonyme

"J'suis du Tiers-état."
Eau-forte coloriée, anonyme, sans date
© CHAN

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