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lieux


Villégiature

Le château de Verneuil-sur-Seine
« Cette terre consiste dans un joli château bâti à la moderne et sur les dessins de M. Antoine, architecte qui a construit la Monnaie de Paris. [...] Il comporte seize logements de maîtres, tous meublés, sans compter le plain pied, complètement orné de glaces. [...] Cette terre se trouve dans le paysage le plus riant. »
(Notice publicitaire
pour la vente du château en 1816)

Avant de devenir le principal décor de l'enfance d'Alexis de Tocqueville, le château de Verneuil-sur-Seine est marqué par le souvenir de Madame de Sénozan, l'épouse du président de Sénozan, qui n'est autre qu'Anne Nicole de Lamoignon, la sour de Malesherbes. À la mort de son époux le 30 septembre 1778, celle-ci se trouve, pour régler les problèmes posés par sa succession, dans l'obligation de se défaire d'une partie des possessions de son défunt époux et se porte, en contrepartie, acquéreur le 14 avril 1780 de la terre et seigneurie de Verneuil-sur-Seine. Le château, qui appartenait auparavant à monsieur et madame Randon de Lucenay, subit alors dans les années 1780 et sous son instigation une longue période de transformations, dont il sort un bel édifice du pur style Louis XVI. Pour tenir compagnie à sa sour, restée veuve, Malesherbes, qui y a son appartement réservé, fait de fréquents séjours au château dont il apprécie par dessus tout le calme et l'admirable cadre champêtre. Sous la Terreur, Madame de Sénozan fut condamnée à mort à l'âge de 76 ans et guillotinée le 10 mai 1794. Les scellés sont alors apposés sur le château de Verneuil, qui entre dans la possession de la République française jusqu'à ce que la Convention accepte en 1795 de remettre les biens confisqués aux familles.
Louise Madeleine Le Peletier de Rosanbo, la mère de Tocqueville et la petite nièce de Madame de Sénozan, hérite pour partie en 1803 du château. Elle en devient l'unique propriétaire en 1807 en rachetant les parts des autres héritiers, alors que sa famille y a déjà établi ses quartiers d'été depuis quatre ans et que son mari, Hervé de Tocqueville, est devenu en 1804 le maire du bourg. Ce dernier s'occupe alors "assidûment de rétablir l'ordre et la discipline dans le village" et de rendre au domaine du château, largement endommagé par les récents événements, le lustre de sa grandeur passée. Or, en s'attachant à retrouver sous les ruines les bâtiments tels que Madame de Sénozan les avait souhaités, en arrangeant les vastes dépendances, en restaurant la petite "Salle de comédie" qui semble avoir fait les délices du jeune Alexis, en redonnant vie au potager et aux plantations et en ouvrant largement les portes de leur demeure à de nombreux et prestigieux visiteurs - Chateaubriand lui-même ayant souvent profité de leur hospitalité - Hervé de Tocqueville et son épouse rêvent, à l'évidence, de recomposer à Verneuil le monde et l'art de vivre aristocratiques que la Révolution a fait voler en éclats. Ils y parviennent si bien que les rares souvenirs d'enfance qu'Alexis a gardé de cette période sont empreints de cette douceur de vivre nostalgique de l'Ancien Régime, qui sera définitivement révolue avec la fin du Premier Empire. Lorsqu'il entamera sa carrière de préfet en 1815, Hervé de Tocqueville devra en effet se résoudre à se séparer de ce souvenir du XVIIIe siècle que représente le domaine de Verneuil-sur-Seine pour entrer véritablement avec sa famille dans l'aventure du XIXe siècle débutant. La propriété est vendue en 1816 à Suzanne Le Peletier de Saint-Fargeau, comtesse de Mortefontaine.

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Château de Verneuil, façade nord

Château de Verneuil, façade nord.
© Tous droits réservés

Château de Verneuil

Château de Verneuil.
© Tous droits réservés

Château de Verneuil

Château de Verneuil
© Inventaire général / Phot. de Blic - ADAGP

Château de Verneuil

Château de Verneuil au XVIIIe siècle
© Mairie de Verneuil-sur-Seine

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