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lieux


Villégiature

Le château de Malesherbes
« La vie qu'on menait au château de Malesherbes était fort douce. »
(Hervé de Tocqueville, Mémoires)

Avant de devenir la propriété de Chrétien-Guillaume-François de Lamoignon vers 1726, le château de Malesherbes appartient à la famille d'Illiers d'Entragues qui le détient depuis le XVIe siècle. Le premier propriétaire du château, François de Balzac d'Entragues, est resté célèbre par la liaison que sa fille Henriette entretenait avec Henri IV. On raconte même que cette relation serait née au château de Malesherbes et que le père de la favorite en titre d'Henri IV chercha à en tirer un avantageux parti, avant que ce dernier n'épouse Marie de Médicis.
Loin de ces amours romanesques et de la douteuse figure de son premier propriétaire, le château de Malesherbes connaît au XVIIIe siècle une seconde heure de gloire, lorsque, suite à l'extinction de la branche d'Illiers d'Entragues, il entre dans la possession de la famille des Lamoignon. Le bâtiment subit alors de profondes transformations, orchestrées par le fils et le petit-fils de l'acquéreur, qui ne sont autres que le chancelier de Lamoignon et le "grand Malesherbes". Si les trois tours rondes, qui datent du XVe siècle, témoignent aujourd'hui encore du passé médiéval du château, l'ensemble de l'édifice apparaît depuis ces profondes restaurations comme la parfaite expression de l'architecture du XVIIIe siècle français. Le vaste domaine qui entoure ce château bénéficie pour sa part à cette époque du goût pour la botanique de l'avocat de Louis XVI, qui crée notamment dans le jardin une plantation d'arbres exotiques. Ce dernier semble avoir particulièrement apprécié le lieu, qui lui sert de paisible refuge durant la période d'exil du Parlement ainsi que durant les sombres années révolutionnaires qu'il y passe entouré de ses enfants et de ses petits enfants. Lorsque Hervé de Tocqueville rejoint en effet en février 1793 la famille de sa future femme au château de Malesherbes, il est surpris par la douceur de la vie que mènent dans ce lieu ses célèbres occupants qui ont refusé d'émigrer malgré les lourdes menaces que la Terreur fait peser sur leur sort. Ses Mémoires retracent le souvenir de cette dernière année de répit que sa nouvelle famille confie au calme du château de Malesherbes : "Le printemps, l'été et l'automne se passèrent ainsi dans les douces et paisibles habitudes de la vie de château. Cependant l'horizon s'obscurcissait de plus en plus." Tous les membres de la famille seront en effet arrêtés dans la salle à manger du château, avant de subir les foudres des tribunaux révolutionnaires. À la suite de ces arrestations, le château de Malesherbes sera réquisitionné par les membres du Comité de sûreté générale et son mobilier largement dispersé. Hervé de Tocqueville et son épouse renonceront à s'y installer de nouveau à leur sortie des geôles de la Terreur, lui préférant un autre héritage d'échafaud, le château de Verneuil-sur-Seine.

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Château de Malesherbes

Château de Malesherbes
lithographie de C. Motte
© AD Loiret

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