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lieux


Villégiature

Le Clos de l'Aronde à Clairoix

Après son retrait de la vie publique en 1830 et la mort de son épouse qui survient en 1836, Hervé de Tocqueville n'a plus aucune raison de demeurer sans cesse dans son domicile parisien et il semble avoir recherché une villégiature à l'écart des tumultes de la vie de la capitale. Comme il a laissé à ses enfants la jouissance des anciennes demeures familiales, et notamment à Alexis le château de Tocqueville dans lequel Hervé ne s'est lui-même jamais véritablement installé, il choisit d'acquérir un nouveau domaine pour couler les dernières années de son existence. Son choix se porte en 1843 sur une propriété du petit village de Clairoix, situé dans l'Oise, non loin de Compiègne, et qui porte le nom de Clos de l'Aronde. La proximité du domaine de Baugy où demeure son second fils, Édouard, avec sa nombreuse famille permet à l'évidence d'expliquer cette décision. Quant à la demeure elle-même, elle est de construction récente puisqu'elle date de 1817, mais jouit d'un vaste jardin et de nombreuses dépendances tout en gardant une taille raisonnable ainsi qu'un air de modestie et de simplicité qui devaient faire d'elle aux yeux du père d'Alexis de Tocqueville une parfaite retraite. Il y partage ses journées entre les affaires courantes de la commune, dont il devient un des conseillers municipaux entre 1846 et 1849, le souci de ses enfants, avec lesquels il échange une correspondance constante, et son goût pour l'étude. C'est durant les années qu'il passe à Clairoix qu'il rédige ainsi ses deux ouvrages historiques les plus conséquents que sont l'Histoire philosophique du règne de Louis XV en 1847 ainsi que le Coup d'oil sur le règne de Louis XVI en 1850. Il reste fidèle dans ces deux essais à une conception aristocratique de l'histoire, qui aperçoit l'action des grands hommes comme son unique moteur, mais n'oublie pas cependant d'y accuser la surdité des rois à l'esprit du temps du XVIIIe siècle et la crispation de la noblesse sur ses privilèges. On retrouve d'ailleurs ce mélange entre le monde aristocratique et celui des Lumières dans la nombreuse bibliothèque qui occupe les murs de son cabinet de travail à Clairoix, ainsi que dans le texte de ses Mémoires qu'il achève en 1852.
Les registres municipaux de cette époque signalent cependant qu'il ne vit pas seul au Clos de l'Aronde, mais aux côtés de madame Guermarquer, souvent évoquée comme "madame Guer." dans la correspondance d'Alexis qui ne semble guère l'apprécier. Elle n'est autre que l'ancienne gouvernante de la famille et semble être devenue la compagne des vieux jours d'Hervé de Tocqueville. Ce dernier s'éteint dans sa maison de Clairoix le 9 juin 1856. La demeure échoit alors en partage à ses fils, qui n'y sont jamais passé que très épisodiquement et qui décident de la revendre peu de temps après le décès de leur père. La mairie de Clairoix est aujourd'hui installée dans ses murs.

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Le Clos d'Aronde, côté rue

Le Clos d'Aronde
© Photo : Famille Duval-Arnoux / Mairie de Clairoix

La mairie de Clairoix

Le Clos d'Aronde devenue Mairie
© Photo : Association Art, histoire et parimoine de Clairoix / Mairie de Clairoix

Archives

Inventaire après décès d'Hervé de Tocqueville dans sa demeure de Clairoix

Inventaire après décès d'Hervé de Tocqueville
© CHAN

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