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lieux


La Villa Montfleury à Cannes

Villa Montfleury à Cannes

Villa Montfleury
© Archives municipales de Cannes

À l'heure de sa mort, le 16 avril 1859, Alexis de Toqueville se trouve loin, très loin du château de Tocqueville et de la région du Cotentin à laquelle il est si fidèlement attaché. C'est en effet à Cannes, et dans une villa qui répond au nom de Montfleury, qu'il rend son dernier soupir, après que ses médecins l'ont invité à passer l'hiver sous des cieux plus cléments que ceux de la Normandie pour soigner le nouvel accès de tuberculose qui l'atteint gravement depuis le début de l'année 1858.
Le 28 octobre 1858 il prend ainsi la route de Cannes avec son épouse, où ils arrivent tous deux le 4 novembre, dans un état de fatigue extrême, après un voyage rendu très éprouvant par les rigueurs du climat. Ils s'installent aussitôt dans la magnifique villa Montfleury qui devrait pouvoir leur offrir de très agréables conditions de villégiature: située sur la colline de la Californie, à l'Est de Cannes, cette grande demeure bourgeoise, qui ne compte pas moins de vingt pièces principales, s'ouvre en effet sur près de quatre hectares de somptueux jardins en pente douce où les palmiers alternent, de terrasse en terrasse, avec les mandariniers, et les pièces d'eau. Pourtant, au début de leur séjour, Tocqueville et son épouse qui sont tous deux condamnés au silence par la maladie, ne semblent guère sensibles au charme du lieu.

« Nous avons loué ici une maison très agréable, qui est voisine d'un grand bois d'arbres verts. On a en face de soi et autour de soi des bois d'oliviers au-dessus desquels s'étend la mer ; tout cela serait fort agréable à voir si on avait le cœur gai en regardant »
(Lettre à son neveu Hubert, 15 novembre 1858)

La correspondance échangée par Tocqueville en cette fin d'année 1858, le montre plutôt préoccupé par le retard de ses malles, par le manque de livres et par les questions de provisions de bois qui menacent le chauffage de la demeure. Autant de tracas et de grognements quotidiens, qui masquent difficilement l'angoisse d'un homme confronté à la progression de sa maladie et à un immense sentiment de solitude. Aussi est-ce pour conjurer cette impression d'isolement, que ses deux frères ainsi que ses meilleurs amis se relaient très régulièrement à son chevet, que Marie ne quitte guère : c'est tout d'abord Hippolyte, qui se montre durant près de trois mois un garde malade particulièrement attentif, puis Édouard, qui sacrifie également quelques semaines à Cannes, avant que Beaumont et Louis de Kergorlay n'accourent à leur tour pour assister aux derniers instants de leur meilleur ami qui rend l'âme le 16 avril 1859.
Conformément à ses dernières volontés, sa dépouille mortelle sera transférée après son décès jusqu'au cimetière paroissial de Tocqueville, où il est enterré aux côtés de Marie qui l'y a rejoint en 1864. Malgré toutes les précautions prises par son époux, notamment dans son testament, cette dernière fut pourtant largement évincée par sa belle-famille, comme en témoigne le faire-part de décès d'Alexis de Tocqueville qui oublie même de la mentionner.

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Mèche de cheveux d'Alexis de Tocqueville coupée le jour de sa mort

Mèche de cheveux d'Alexis de Tocqueville, Coll. privée
© AD Manche / A. Poirier

Diaporama : la villa Montfleury vers 1860-1880

Diaporama : la villa Montfleury vers 1860-1880

Archives

Série de huit lettres  d'Alexis de Tocqueville, datées de 1858

Série de huit lettres d'Alexis de Tocqueville
© Archives municipales de Cannes

Acte de décès d'Alexis de Tocqueville

Acte de décès d'Alexis de Tocqueville
© Archives municipales de Cannes

Faire part du décès d'Alexis de Tocqueville

Faire-part de décès d'Alexis de Tocqueville
© AD Manche / A. Poirier

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