Alexis de Tocqueville
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Les personnalités politiques

Louis-Philippe Ier (1773-1850)

Louis-Philippe Ier, roi des Français par Franz-Xaver Winterhalter ; Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © RMN / Droits réservés

Louis-Philippe Ier (1773-1850)
Louis-Philippe d'Orléans appartient à la branche cadette des Bourbons. Son père est gagné par les idées libérales et, sous le nom de Philippe-Égalité, vote la mort de son cousin, le roi Louis XVI. Après les Trois Glorieuses de 1830, Louis-Philippe s'empare du trône et est proclamé roi des Français. Ses origines familiales comme son rôle dans les événements de 1830 lui valent pendant tout son règne la haine des monarchistes légitimistes et la méfiance des principales cours européennes. Incarnant le modèle de la bourgeoisie triomphante, il est aussi la cible des libéraux et doit faire face à des contestations de tous les bords. Son règne est émaillé de nombreux troubles insurrectionnels et attentats. La première partie du règne est aussi caractérisée par une importante instabilité ministérielle avant que Guizot n'impose durablement sa marque (1840-1848). Avec la crise financière de 1846-1847, l'opposition au régime se fait plus virulente et la Révolution de Février 1848 a finalement raison de ce roi mal aimé. Après avoir abdiqué, il se réfugie en Angleterre où il meurt oublié des Français.

Odilon Barrot (Villefort, 19 juillet 1791- Bougival, 6 août 1873)

Odilon Barrot, par C. Bornemann ; Compiègne, château de Compiègne © RMN / Daniel Arnaudet

Odilon Barrot (Villefort, 19 juillet 1791- Bougival, 6 août 1873)
Avocat brillant, il entre en politique en présidant la société "Aide toi, le ciel t'aidera." fondée par Guizot en août 1827. Surpris par les événements de juillet 1830, et défenseur de l'idée d'"une royauté entourée d'institutions républicaines", il devient sous la Monarchie de Juillet le chef de la gauche dynastique, c'est-à-dire modérée. Réformateur, ennemi de Guizot, il est dépassé par les forces démocratiques de la révolution de 1848 mais est néanmoins élu à l'Assemblée constituante le 23 avril 1848. Il est le chef du premier et du second ministères de Louis Napoléon Bonaparte entre décembre 1848 et le 30 octobre 1849. Après son éviction, il siège à l'Assemblée législative parmi les monarchistes avant de résister, comme Tocqueville, au coup d'État du 2 décembre 1851. Il est alors arrêté et placé en détention à Vincennes aux côtés de Tocqueville et, tout comme ce dernier, il refuse tout traitement de faveur et toute remise en liberté sans ses collègues. Libéré quelques jours plus tard, il se retire de la vie politique jusqu'à ce que Adolphe Thiers le nomme, après la proclamation de la République en 1871, président du Conseil d'État. Il décède deux ans plus tard, le 6 août 1873 à Bougival.

Félicité Robert de Lamennais (Saint-Malo, 19 juillet 1782-Paris, 27 février 1854)

Félicité Robert de La Mennais, par Jean-Baptiste Guérin, peinture, 1827 ; Montpellier, musée Fabre © RMN

Félicité Robert de Lamennais (Saint-Malo, 19 juillet 1782-Paris, 27 février 1854)
Après avoir tardivement rencontré sa vocation religieuse, Lamennais est ordonné prêtre à Vannes en 1816. Progressivement gagné par des idées progressistes, il devient par la suite l'une des figures marquantes du catholicisme libéral du début du XIXe siècle français. Trois dates jalonnent son itinéraire et son revirement philosophique et religieux : en 1817, il publie son Essai sur l'indifférence en matière religieuse, qui constitue un véritable manifeste pour l'ultramontanisme et l'intransigeance catholique et qui lui fait accéder à une grande notoriété ; en 1830, il fonde cependant le journal L'Avenir, qui se propose de fonder une société nouvelle basée sur l'alliance de l'Église et du peuple ; en 1834, il fait paraître ses Paroles d'un croyant, qui connaît un large succès mais qui lui vaut de rompre avec la Papauté. Il fait véritablement son entrée dans la vie politique en devenant en 1848 l'un des représentants du peuple à l'Assemblée constituante, où il siège parmi les républicains de gauche. Le coup d'État du 2 décembre 1851 met un terme à sa vie publique. Il meurt dans le dénuement et la solitude le 27 février 1854 à Paris, après avoir exercé une influence considérable sur ses contemporains.

Alphonse de Lamartine (Mâcon, 21 octobre 1790 - Paris, 28 février 1869)

Alphonse de Lamartine, par Théodore Chassériau, dessin, 1844 ; Paris, musée du Louvre
© RMN

Alphonse de Lamartine (Mâcon, 21 octobre 1790 - Paris, 28 février 1869)
Avant de prendre une part très active à la vie politique française et de devenir le héros de la Révolution de Février 1848, Alphonse de Lamartine est d'abord un poète. Il tire en effet sa renommée du grand succès remporté par ses recueils de poésie, depuis Les Méditations poétiques parues en 1820, et il passe pour l'un des plus brillants représentants de la nouvelle génération romantique. Élu à l'Académie française en 1829, il nourrit cependant le désir d'embrasser une carrière politique et entre à la Chambre des députés en 1833. Il y revendique son indépendance d'esprit tout en bénéficiant d'une aura particulière grâce à ses évidentes qualités d'orateur. Cependant, à partir de 1842, son opposition à Louis-Philippe est de plus en plus flagrante et il prend une part active dans la campagne des banquets qui aura raison de la Monarchie de Juillet. Il devient alors la figure de proue de l'insurrection populaire de février 1848 : nommé membre influent du Gouvernement provisoire, il connaît son heure de gloire politique jusqu'à la nouvelle insurrection de juin 1848, qui l'écarte du pouvoir. Après avoir subi un cuisant revers aux élections présidentielles de décembre 1848, il met fin à sa vie politique et se consacre de nouveau à l'écriture poétique et à la rédaction de quelques ouvrages d'histoire. Il meurt le 28 février 1869 à Paris.

Victor Considérant (Salins, 18 octobre 1808-Paris, 27 décembre 1893)

Victor Considérant © PMVP

Victor Considérant (Salins, 18 octobre 1808-Paris, 27 décembre 1893)
Entré à l'École polytechnique en 1826, Victor Considérant est gagné à cette époque par les théories de Charles Fourier, qui prône un nouveau modèle de société fondée sur la création de phalanstères. Il devient un disciple enthousiaste du fouriérisme et décide même d'abandonner sa carrière militaire pour pouvoir œuvrer à la propagation de ces idées. C'est à cet effet qu'il fonde la revue La Phalange en 1836 et le quotidien La Démocratie pacifique en 1843, grâce auxquels son influence parmi les disciples de Fourier augmente considérablement : il devient ainsi l'un des principaux opposants à la Monarchie de Juillet. Auteur en 1847 des Principes du socialisme : manifeste de la démocratie au XIXe siècle, il accueille évidemment la Révolution de Février 1848 avec bienveillance. Élu successivement à l'Assemblée constituante puis à l'Assemblée législative, il se rallie immédiatement à la République même si la tournure prise par le nouveau régime le déçoit grandement. Il tente alors vainement d'organiser une nouvelle insurrection populaire le 13 juin 1849, dont l'échec le contraint à l'exil. Il choisit de gagner les États-Unis, où il essaie de créer un véritable phalanstère. La tentative échoue de nouveau. Il rentre en France en 1869, assiste aux événements de la Commune, puis se retire définitivement de la vie politique. Il s'éteint le 27 décembre 1893 à Paris.

Pierre Antoine Berryer (Paris, 4 janvier 1790-Angerville, 29 novembre 1868)

Pierre Antoine Berryer © PMVP

Pierre Antoine Berryer (Paris, 4 janvier 1790-Angerville, 29 novembre 1868)
Avocat de formation, Pierre Antoine Berryer n'a jamais caché ses opinions royalistes et il a même placé ses quarante années de vie politique sous le signe d'une fidélité absolue à la branche aînée des Bourbons. Il fait son entrée à la Chambre des députés le 26 janvier 1830 et il est très rapidement amené à y faire montre de ses grands talents d'orateur pour défendre la couronne de Charles X, attaquée par l'"Adresse des 221" parlementaires. La chute de la Monarchie de Juillet le place donc d'emblée dans le camp des opposants au nouveau régime. Loin de vouloir abandonner pour autant la vie politique, il tient à combattre la nouvelle Monarchie de l'intérieur en ne manquant pas, jusqu'au coup d'État bonapartiste, une occasion de défendre ses convictions à la Chambre. Devenu durant toute cette période le chef de file du parti légitimiste, il croit sincèrement, sous la Seconde République, au rétablissement de la Monarchie. Aussi refuse-t-il de voter la révision de la Constitution permettant la réélection présidentielle de Louis-Napoléon Bonaparte malgré l'insistance déployée par Tocqueville pour le convaincre. Les deux hommes seront finalement arrêtés et incarcérés ensemble pendant le coup d'État, après lequel Berryer se retire de la vie politique. Il retrouve cependant les rangs de l'opposition du Corps législatif à partir de 1863, où il continue à faire entendre sa voix discordante jusqu'en 1868. Il meurt le 18 novembre de cette même année.

François Guizot (Nîmes, 4 octobre 1787 - Val-Richer, 12 septembre 1874)

François Guizot, par Thierry Delaroyère dit Jeahn George Vibert ; Versailles, châteaux de Versailles et Trianon
© RMN / G. Blot

François Guizot (Nîmes, 4 octobre 1787 - Val-Richer, 12 septembre 1874)
Issu d'une famille de confession protestante, François Guizot partage avec Tocqueville l'héritage traumatisant de la Terreur, puisque son père a été guillotiné sous la Terreur en avril 1794. Après de brillantes études, il est nommé titulaire de la chaire d'Histoire moderne à la Sorbonne où il fera cours jusqu'en 1830. Le cours sur l'Histoire des civilisations en France et en Europe (1829-1830) est d'ailleurs suivi par les jeunes A. de Tocqueville et G. de Beaumont, qu'il influencera durablement. Parallèlement à ses travaux d'historien, il entame en 1814 une carrière administrative qui l'initie aux questions politiques. Hostile au pouvoir sous Charles X, il fonde la société "Aide-toi, le ciel t'aidera" (août 1827) et milite activement jusqu'en 1830 pour le changement de régime. Il devient alors l'un des hommes les plus influents et les plus puissants de la Monarchie de Juillet, dont il est successivement ministre de l'Intérieur (1830) ministre des Affaires étrangères puis de l'Instruction publique (1832-1837). Évincé par Louis-Philippe en 1837, qui lui reproche sa grande rigidité, il occupe à partir de février 1840 le poste d'ambassadeur de France à Londres, auprès de la reine Victoria, avant d'être rappelé au Conseil des ministres comme ministre des Affaires étrangères (1840-1847). Il est enfin nommé président du Conseil (1847-1848) et il mène une politique de rigueur économique, beaucoup plus favorable à la bourgeoisie (à laquelle il adresse son célèbre "Enrichissez-vous !") qu'aux classes sociales défavorisées. Contraint de démissionner face au soulèvement de la Révolution de 1848, il rejoint les rangs des adversaires de la Seconde République puis du Second Empire. Il poursuit alors son œuvre d'historien qui lui a valu d'être élu à l'Académie française le 28 avril 1836 (Histoire de la Révolution d'Angleterre, 1856 ; Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, 1858 à 1867). Il se rallie finalement au Second Empire à partir de 1860, sans pour autant y retrouver de véritable rôle politique. Il exerce cependant toujours une grande influence sur la vie du protestantisme français. Il meurt le 12 septembre 1874 à Val-Richer, en Normandie.

Adolphe Thiers (Marseille, 15 avril 1797 - Saint-Germain-en-Laye, 3 septembre 1877)

Adolphe Thiers par Nadar, photographie vers 1870 ; Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) © CMN

Adolphe Thiers (Marseille, 15 avril 1797 - Saint-Germain-en-Laye, 3 septembre 1877)
Issu d'une famille marseillaise d'extraction modeste, Adolphe Thiers doit à de brillantes études de devenir avocat. En 1821, il gagne cependant Paris où il entame une carrière remarquée de journaliste de l'opposition et fait paraître avec succès de 1824 à 1827 une vaste Histoire de la Révolution. Après la Révolution de 1830, il fait son entrée à la Chambre comme député d'Aix le 5 juillet 1831. Il devient alors l'un des hommes les plus influents de la Monarchie de Juillet, dont il est nommé ministre des Travaux publics et de l'Intérieur (11 octobre 1832) : il se distingue à ce poste par sa sévérité à l'égard des ennemis politiques du nouveau régime et par la fermeté de la répression qu'il inflige aux insurrections du mois d'avril 1834. Il est reconduit à son poste en 1834 et devient même président du Conseil (le 22 février 1836, puis du 1er mars au 28 octobre 1840). Il est évincé du pouvoir après un lourd échec diplomatique et gagne alors les rangs de l'opposition pour se poser en adversaire résolu de François Guizot. Il profite de son absence du pouvoir pour publier en 1845 une Histoire du Consulat et de l'Empire. Très hostile à la Révolution de 1848, il se rallie finalement à la République en étant élu à l'Assemblée constituante le 4 juin 1848 et surtout en soutenant pour les élections présidentielles du 10 décembre la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, qu'il pensait pouvoir facilement manipuler. Il n'en est rien et Adolphe Thiers se voit même contraint, au lendemain du coup d'État, de s'exiler en Suisse pendant quelques mois. Ce n'est que le 30 mai 1863 qu'il retrouve finalement les bancs du Corps législatif, où il devient l'un des chefs de file de l'opposition à l'Empire. Ce nouveau rôle lui vaut de retrouver en 1870 - au milieu de la guerre contre la Prusse et après l'instauration de la République - les plus hautes fonctions de l'État : il est élu le 8 février 1871 "chef du Pouvoir exécutif de la République française", signe avec la Prusse le traité de Francfort qui met fin aux hostilités, puis dirige la reconquête de la capitale et la sanglante répression de la Commune. Il est nommé le premier président de la Troisième République française le 31 août 1871 et se rallie officiellement à la cause de la République contre toute tentative de restauration monarchique, pourtant soutenue par la majorité du Parlement. Ce désaccord causera sa démission en 1873. Il décède le 3 septembre 1877.

Charles Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon III (Paris, 20 avril 1808 - 9 janvier 1873)

Napoléon III empereur par Nadar ; Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) © CMN

Charles Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon III (Paris, 20 avril 1808 - 9 janvier 1873)
Neveu de Napoléon Ier, Louis Napoléon Bonaparte doit quitter à l'âge de huit ans le territoire français dont l'entrée lui est interdite par la loi du 12 janvier 1816 : il passe ainsi la première partie de son existence entre la Suisse, l'Italie et l'Angleterre, avant de tenter par deux coups d'éclat dirigés contre la Monarchie de Juillet de rentrer en France (le 30 octobre 1836 à Strasbourg puis le 6 août 1840 à Boulogne). Les deux tentatives échouent et Louis-Napoléon Bonaparte, condamné à l'issue de la seconde à la prison à vie, est incarcéré au fort de Ham dont il s'évade en 1846. De son exil outre-manche, il suit alors avec attention la Révolution de 1848 qui change considérablement ses perspectives d'avenir : grâce à l'influence de ses partisans en France, il est élu en son absence à l'Assemblée constituante. Il refuse tout d'abord de siéger ; réélu le 17 septembre 1848 dans cinq départements français, il accepte finalement de rentrer en France, certain de sa popularité. Trois mois plus tard, le 10 décembre 1848, il est triomphalement élu à la présidence de la Seconde République et il confie à l'orléaniste Odilon Barrot la direction des deux premiers ministères de son mandat. Nommé ministre des Affaires étrangères du second gouvernement Barrot, Tocqueville aura alors l'occasion de le fréquenter régulièrement et de gagner son estime. Ses Souvenirs témoignent qu'elle ne fut pas réciproque, d'autant plus que les ambitions personnelles de Louis-Napoléon Bonaparte qui ne peut constitutionnellement briguer un second mandat présidentiel l'amènent à s'emparer du pouvoir par la force, lors du coup d'État du 2 décembre 1851. Le Second Empire, proclamé par le décret du 2 décembre 1852, s'organise alors comme un régime autoritaire fondé sur le culte et la popularité du nouvel Empereur. La guerre avec la Prusse, déclarée le 19 juillet 1870, et la défaite française aura raison du régime, qui doit affronter depuis 1860 une opposition devenue plus virulente. La Troisième République proclamée le 4 septembre 1870 contraint Napoléon III à un dernier exil en Angleterre, où il décède le 9 janvier 1873.

John Stuart Mill

John Stuart Mill ; BnF, département des Estampes © BNF

John Stuart Mill (Londres, 20 mai 1806 - Avignon, 7 mai 1873)
Fils du disciple de Ricardo James Mill, John Stuart Mill est surtout célèbre pour être un éminent penseur de "l'utilitarisme", c'est-à-dire de cette morale qui vise le bonheur général d'une population. Influencé par Bentham, dont il infléchit la doctrine en insistant sur les différentes qualités du bonheur, ainsi que par la sociologie d'Auguste Comte, Mill est également un défenseur ardent de la liberté sous toutes ses formes, y compris les plus avant-gardistes : il milite en faveur de l'émancipation des femmes et de la diversité des opinions tant en science qu'en politique. Sa proximité avec la pensée de Tocqueville, dont témoigne leur correspondance régulière, vient de ce que ils ont tous les deux hautement conscience du danger que représente dans une démocratie la possible tyrannie de la majorité sur l'individu. Outre ses Essais sur Tocqueville et la société américaine, il est principalement lu aujourd'hui pour ses ouvrages De la liberté (1858) et De l'utilitarisme (1861).

Louis Mathieu Molé

Louis Mathieu Molé ; BnF, département des Estampes © BNF

Louis Mathieu Molé (Paris, 24 janvier 1781 - Champlâtreux, 23 novembre 1855)
Fils de guillotiné sous la Terreur et cousin d'Alexis de Tocqueville, Mathieu Molé a régulièrement occupé les plus hautes fonctions du pouvoir en France durant toute la première moitié du XIXe siècle : ministre de Napoléon, puis de Louis XVIII, il est pair de France à partir de 1815 et n'hésite pas, par peur de l'"anarchie républicaine" à se rallier à Louis-Philippe en 1830. Dès la formation du premier gouvernement de la Monarchie de Juillet, il obtient le poste de ministre des Affaires étrangères. La sympathie du roi des Français à son égard comme sa passion personnelle pour le pouvoir lui valent même d'être nommé sans discontinuité Président du Conseil du 6 septembre 1836 au 31 mars 1839, jusqu'à ce que son cabinet soit victime d'une coalition formée contre lui par François Guizot, Adolphe Thiers et Odilon Barrot. Il continue cependant à exercer son influence durant la décennie suivante et se voit même proposé le 23 février 1848, alors que la Révolution fait déjà rage, la direction d'un nouveau ministère destiné à éteindre l'incendie insurrectionnel. Molé refuse et il termine sa carrière politique, fidèle en cela à sa ligne politique constante, à la tête du "parti de l'ordre". Il meurt le 23 novembre 1855 à Champlâtreux.