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engagements


La Seconde République

Ministre des Affaires étrangères

Jupiter (Barrot), Cham

Jupiter (Barrot), Cham, gravure tirée de l'Assemblée nationale comique ; coll. privée
© Olivier Ménard

En 1849, Tocqueville accède enfin aux plus hautes responsabilités politiques avec sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères du second ministère Barrot. Cependant, ce passage au sommet de l'État, qui pourrait passer pour sa grande heure politique, ne va durer que cinq mois, du 3 juin au 31 octobre 1849, et se solder par un échec du ministère, en général, à soutenir la République contre les velléités impériales de son président et de Tocqueville, en particulier, dans les domaines qui lui sont confiés. Il faut dire que le nouveau cabinet tout comme le ministre des Affaires étrangères héritent à leur arrivée d'une situation intérieure et extérieure de la France des plus délicates.
Au printemps 1849, la formation du nouveau gouvernement elle-même s'avère déjà compliquée et source de nombreuses tractations : Barrot, reconduit dans ses fonctions de chef du gouvernement, exige la présence de Dufaure à ses côtés, qui intercède lui-même en faveur de la nomination de Tocqueville. Ce dernier doit se résoudre à oublier le portefeuille de l'Instruction publique qu'il ambitionne tout d'abord et accepter celui des Affaires étrangères. Il exige cependant que son ami Lanjuinais fasse avec lui son entrée au gouvernement et celui-ci obtient le ministère du Commerce et de l'Agriculture.

« Je sentais bien que je ne devais faire que passer dans le gouvernement sans m'y arrêter, mais j'espérais y rester assez de temps pour pouvoir y rendre quelque service signalé à mon pays et pour m'y grandir moi-même. Cela suffisait à m'entraîner. »
(Souvenirs)

De même, lors de son installation au ministère des Affaires étrangères, Tocqueville se hâte de s'entourer de ses plus proches amis et il nomme successivement Arthur de Gobineau comme chef de cabinet, Lamoricière au poste d'ambassadeur de France en Russie, après que le Tsar a reconnu la République, et Beaumont comme représentant du gouvernement à Vienne. Il choisit même d'envoyer Corcelle en Italie pour le représenter dans l'Affaire romaine, qui se révèle rapidement être l'affaire la plus compliquée et la plus délicate que Tocqueville aura à traiter durant son ministère.
En fait, à son arrivée au ministère elle est déjà engagée - et mal engagée - puisque l'ordre de prendre Rome pour soutenir et rétablir le Pape Pie IX dans ses États pontificaux contre la nouvelle République de Garibaldi et de Mazzini a déjà été donné. Or, bien que Tocqueville refuse d'emblée d'avoir à se justifier de la politique de son prédécesseur, qu'il n'approuve guère et qui semble avoir mêlé les buts plus ou moins avouables d'établir une médiation entre le pape et les sujets révoltés, de contrebalancer l'influence autrichienne et de restaurer le pourvoir temporel du pape, ainsi que d'imposer des institutions libérales à l'Italie centrale, il refuse que la France perde la face dans cette affaire et veut agir en conséquence. Pour ce faire, il va intensifier les hostilités afin de les abréger et afin de prendre Rome le plus rapidement possible.

« Quand je me fus installé au ministère des Affaires étrangères et qu'on m'eut mis sous les yeux l'état des affaires, je fus effrayé du nombre et de la grandeur des difficultés que j'apercevais. »
(Souvenirs)

Il pense sans doute aussi que la politique française pourrait imposer aux États romains un régime constitutionnel, mais il ne parviendra jamais à ce résultat. Son échec dans la matière, qui est aussi dû aux nombreux malentendus avec Corcelle et au rôle trouble joué par ce dernier, est à l'origine de la chute du second ministère Barrot le 31 octobre 1849. Ce cabinet est vertement démis par un message de Louis Napoléon Bonaparte qui l'accuse de n'avoir pas "suffisamment maintenu l'ordre au-dedans et la dignité de la France au-dehors", ce qui n'a pas manqué de blesser profondément Tocqueville.

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Débarquement de l'armée française à Civita-Vecchia

Débarquement de l'armée française à Civita-Vecchia, anonyme
© BNF

Tocqueville et Lanjuinais attelés au ministère

Tocqueville et Lanjuinais attelés au ministère, Alexis de Tocqueville, coll. privée
© AD Manche/ A. Poirier

Le gouvernement de la France

Le gouvernement de la France, Alexis de Tocqueville, coll. privée
© AD Manche/ A. Poirier

Le ministère de Babel

Le ministère de Babel, Bertall
© AD Manche/A. Poirier

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L'affaire italienne

L'affaire italienne
© Centre des Archives diplomatiques de Nantes

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