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La monarchie de Juillet

Le représentant de la Manche

Église de Valognes

Église de Valognes, anonyme
© AD Manche

Si Tocqueville ne se plaît guère à la Chambre des députés, il trouve en revanche davantage de satisfactions dans la compagnie de ses électeurs normands : les manifestations de joie que suscite chacune de ses élections ainsi que l'accueil chaleureux qu'il reçoit lors de ses tournées électorales semblent le réconcilier avec ses desseins politiques. On pourrait certes lui reprocher d'avoir organisé dans son fief une forme de clientélisme électoral particulièrement efficace, dont témoignent aujourd'hui encore dans ses papiers les différentes et nombreuses listes d'électeurs, qui le renseignent sur leurs tendances politiques ainsi que sur les détails de leur situation professionnelle et familiale, mais ce serait omettre son réel attachement à sa terre d'origine ainsi qu'au sort de ses habitants. Il jouit dans le pays de Tocqueville du prestige attaché à la figure du grand homme politique de la région et renoue, sans en être dupe, avec la tradition des âges aristocratiques en endossant le rôle de châtelain du lieu : il poursuit par exemple les habitudes de son père en organisant la distribution de pain aux familles les plus démunies du village de Tocqueville et il s'évertue à trouver un travail rémunéré - solution à ses yeux préférable à la charité privée - aux chefs de famille qui en sont privés.

« Ce qui m'a rendu mille fois plus heureux que l'élection c'est la manière dont la population l'a accueillie. Dès que le résultat a été connu, une grande partie des habitants sont sortis de chez eux. Une foule énorme a voulu me reconduire jusque chez moi avec des cris de joie et des vivats dont j'aurais été étourdi et enivré, si j'avais été sûr de pouvoir justifier cet enthousiasme. Il a fallu adresser de ma fenêtre quelques paroles à la foule. C'était enfin une véritable ovation comme Valognes n'en avait jamais vu. »
(Lettre à Francisque de Corcelle,
6 mars 1839)

Mais fidèle à l'idée de décentralisation, son action s'étend également à l'ensemble du département de la Manche, dont il tient à améliorer la situation présente et à garantir l'avenir. Il est ainsi élu conseiller général des cantons jumelés de Montebourg et de Sainte-Mère-Église aux élections de décembre 1842, sans même avoir eu besoin de s'être porté officiellement candidat. Il prend son rôle à cœur dans cette assemblée, intervient avec poids dans les discussions, étudie tous les textes relatifs à la vie du département, et consacre son énergie à la rédaction des rapports les plus importants comme ceux qui concernent la suppression des tours pour accueillir les orphelins dans les hôpitaux, l'aide à apporter aux filles mères ou encore le projet d'une ligne de chemin de fer reliant Paris à Cherbourg. Il défend ce dernier projet avec ferveur aussi bien à Paris, où il ne manque pas de mettre en avant l'intérêt stratégique et militaire d'une telle liaison, qu'à Saint-Lô, devant les autres conseillers généraux, qu'il tente de convaincre grâce aux intérêts économiques que représenterait pour la région l'accessibilité du marché parisien.

« Il est bien facile de voir dans le contact de tous ces gens-là qu'à tout prendre le pays vaut mieux que ceux qui le dirigent. Toutes ces populations au milieu desquelles je vis ont un goût mal éclairé mais très vif pour la liberté et l'obéissance aux lois. »
(Lettre à Louis de Kergorlay, 25 octobre 1842)

En 1846, une loi adopte le principe de cette liaison ferroviaire mais l'étude complexe des différents tracés possibles de la ligne retarde longuement sa concrétisation. La question du financement du deuxième tronçon de la ligne entre Caen et Cherbourg est encore à l'ordre du jour lors de la dernière session du Conseil général présidée par Tocqueville au printemps 1852. Il est en effet devenu président du Conseil général de la Manche en 1849 et le restera trois ans jusqu'à ce que son refus d'adhérer au Second Empire le contraigne à démissionner avec regret, et en dernier, de ce mandat local auquel il est très attaché. Si son ambition personnelle l'a porté vers une carrière politique d'envergure nationale, Tocqueville a conscience que son action politique locale lui permettait plus aisément d'agir véritablement pour le sort de ses concitoyens et pour l'avenir d'un pays qu'il considère comme le sien.

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Carte de Valognes

Carte de l'arrondissement de Valognes ; Bitouzé-Dauxmesnil, 1835
© AD Manche

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Liste d'électeurs

Liste d'électeurs pour la préparation des élections législatives de 1842, coll. privée © AD Manche/A. Poirier

Odonnance de Louis-Philippe sur les chemins de fer

Odonnance de Louis-Philippe sur l'organisation des chemins de fer
© CHAN

Lettre de la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest

Lettre de la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest au Conseil général de l'Eure, 1845
© CHAN

Plan de la ligne Paris-Caen-Cherbourg

Plan annexé au rapport sur la ligne Paris-Caen-Cherbourg
© CHAN

Projet de loi relatif aux chemins de fer de l'Ouest

Projet de loi relatif aux chemins de fer de l'Ouest, daté du 5 mai 1846
© CHAN

Procès-verbal relatif aux chemins de fer

Procès-verbal de la séance du 19 mars 1852 relative à la commission du chemin de fer
© AD Manche

Délibérations du conseil général de la Manche

Procès-verbal des délibérations du conseil général du département de la Manche
© AD Manche

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