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Voyages


La monarchie de Juillet

La Monarchie et son monarque
« Dans ce monde politique ainsi composé et ainsi conduit, ce qui manquait le plus, surtout vers la fin, c’était la vie politique elle-même. »
(Souvenirs)

La Révolution de 1830 a eu raison des derniers scrupules légitimistes de Tocqueville, sans que son adhésion au nouveau régime en soit pour autant enthousiaste, comme le montrent ses réticences à prêter serment à la Charte constitutionnelle et au nouveau roi des Français. Or, bien que ce soit sous la Monarchie de Juillet qu’il accomplisse la majeure partie de sa carrière politique, le regard qu’il porte sur ce régime qui marque le triomphe de la bourgeoisie sera toujours sévère. Il l’accuse dans ses Souvenirs de s’être asservi aux intérêts de la classe moyenne et d’ "avoir pris sur la fin les allures d’une compagnie industrielle où toutes les opérations se font en vue du bénéfice que les sociétaires peuvent en retirer". Loin d’excepter Louis-Philippe de ses critiques, il estime que les défauts de ce Prince, dont il dresse une impitoyable liste, sont le fidèle reflet des vices de cette époque que son influence ne fait qu’aggraver. Ce monarque est à ses yeux modéré dans ses goûts, dans ses passions comme dans ses désirs ; son esprit, limité dans ses vues, ne se tourne que vers l’utile au mépris de la vérité et de la vertu et sa conversation est encombrée par les lieux communs, comme son entourage par les courtisans malhonnêtes.

« Ne verrons-nous donc jamais s’élever de nouveau le vent des véritables passions politiques., de ces passions violentes, dures, cruelles quelquefois, mais grandes, désintéressées, fécondes. Je ne m’accoutume point à ce que nous avons sous les yeux. Je ne m’y accoutumerai jamais. »
(Lettre à Francisque de Corcelle, 19 octobre 1839)

Selon lui, la médiocrité de la personnalité du monarque est en outre relayée à la Chambre des députés – où règne la dynastie "Thiers, Molé, Guizot" – par l’absence de réelle activité parlementaire organisée autour de grands partis, fondés sur des politiques clairement énoncées, comme il le souhaiterait. Ce sont en revanche les petites questions d’intérêt, les compromis et l’esprit de camaraderie qui président au "petit pot au feu démocratique et bourgeois" de la vie politique sous la Monarchie de Juillet, dont sont exclus les représentants légitimistes et républicains et où Tocqueville ne trouvera jamais sa place. Peut-être est-ce pour cette raison qu’il omet, comme l’a également souvent fait la postérité, les aspects plus reluisants de ce régime qui a su offrir de nombreuses garanties à la liberté de la presse, dont Tocqueville bénéficie lui-même durant son aventure journalistique du Commerce, et qui a souvent fait preuve de beaucoup de bonne volonté, comme en ce qui concerne le sort des esclaves dans les colonies françaises par exemple. Ce régime est en définitive plus libéral et éclairé qu’on ne l’a souvent dit, mais il est trop terne pour combler les aspirations héroïques du jeune député Tocqueville, qui espère en faisant son entrée sur la scène politique sentir le souffle de la grande Histoire.

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Caricature de Louis-Philippe

Caricature de Louis-Philippe, Charles Philippon
© PMVP

Louis-Philippe par  Winterhalter

Louis-Philippe Ier, roi des Français, Franz-Xaver Winterhalter
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Caricature de Louis-Philippe

Monsieur Croupion, caricature de Louis-Philippe
© PMVP

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