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engagements


Ses convictions

Des libertés
« Je n'ai pas de traditions, je n'ai point de parti, je n'ai point de cause, si ce n'est celle de la liberté et de la dignité humaine ; de cela, je suis sûr. »
(Lettre à Louis de Kergorlay,
15 décembre 1850)

Lorsque Tocqueville se considère lui-même, dans un petit fragment intitulé "Mon instinct, mes opinions", pour tenter de déterminer quelles sont les "principes sérieux" qui gouvernent sa pensée comme son action politique, il aboutit à la conclusion que "la liberté est la première de [s]es passions".   Úcouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  
Or il est juste que son œuvre, que l'on pense à De la démocratie en Amérique, ouvrage largement consacré à la question de la conciliation des principes d'égalité et de liberté, ou encore à L'Ancien Régime et la Révolution, qui étudie notamment l'implacable aspiration à la liberté des Français du XVIIIe siècle, trouve notamment sa cohérence dans la place essentielle qu'elle accorde à l'idée de liberté. Il ne faut cependant pas omettre d'ajouter que Tocqueville a également mis son engagement politique au service de cette cause, qu'il a défendue pied à pied, cherchant sans cesse à garantir les libertés publiques et individuelles au sein de la société, qu'elle soit de nature démocratique ou pas.

Il se montre tout d'abord, durant sa carrière de député, un fervent partisan de la liberté de l'enseignement, dont il ne fait pas une question confessionnelle et qu'il considère plutôt comme le garant de la diversification de la culture moderne, qui ne saurait que bénéficier du renouvellement incessant des innovations scolaires. Ce sont des principes du même ordre qui l'amène à défendre également la liberté de culte : que l'on puisse pratiquer d'autres cultes en France que le catholicisme ne lui paraît guère dangereux pour la société, pourvu que l'on adhère librement à une croyance morale unificatrice qu'il considère, en revanche, comme nécessaire à la réussite de l'organisation sociale et comme. source d'aspiration à la liberté. Tocqueville développe ainsi la pensée d'une sorte de "cercle vertueux de la liberté", dans lequel les libertés particulières, que sont par exemple la liberté de l'enseignement, la liberté de culte ou la liberté de la presse, engendreraient chez les peuples l'esprit et les habitudes de la liberté qui produiraient à leur tour le développement du commerce entre les peuples, dont le dernier corollaire ne serait autre que la garantie de la paix entre les nations.

« Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir. Que manque-t-il à ceux-là pour rester libres ?
Quoi ? Le goût sublime de l'être »
(L'Ancien Régime et la Révolution, livre III, chap. 3)

Aussi est-ce pour défendre ces idées qu'il décide de tirer profit de la liberté de la presse - largement garantie par le régime de la Monarchie de Juillet - et de saisir l'occasion qui lui est offerte en 1844 de prendre la direction du journal Le Commerce, qui connaît alors de graves difficultés financières. La nouvelle équipe du journal rassemble autour de Tocqueville certains de ses amis comme Corcelle ou Lanjuinais et elle choisit de confier la fonction de rédacteur en chef à Arnold Scheffer, le frère du célèbre peintre Ary SchefferAry Scheffer (1795 - 1858)
Scheffer reçoit une première formation en Hollande puis arrive à Paris en 1811 où il s'inscrit à l'École des Beaux-Arts. Vers 1820, il passe pour l'un des chefs de file du romantisme et devient professeur de dessin des enfants du futur Louis-Philippe dont il devient le peintre officiel en 1830. Lié aux Orléans, Scheffer ne se ralliera jamais à Napoléon III.
. Le 24 juillet 1844 paraît le premier numéro de cette nouvelle ère du Commerce, qui se proclame d'emblée comme l'organe de ce "grand parti national qui n'a cessé de travailler, à travers toutes les vicissitudes d'un demi-siècle de révolutions, à constituer parmi nous la liberté politique et l'égalité devant la loi". Malheureusement cette initiative est un échec et Tocqueville cesse d'y jouer un rôle quelconque dès le mois de juin 1845, alors qu'il regrette déjà que doive disparaître "la seule représentation véritable des idées libérales dans la presse".

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Le génie de la liberté, étude pour la Marseillaise

Le génie de la liberté, étude pour la Marseillaise, Jean-Baptiste Carpeaux
© RMN/Jean Schormans

École des orphelines

École des orphelines, François Bonvin
© RMN / Jean Popovitch

Les crieurs de journaux

Les crieurs de journaux, anonyme
© PMVP / Andreani

Descente dans les ateliers de la liberté de la presse, Honoré Daumier

Descente dans les ateliers de la liberté de la presse, Honoré Daumier
© BNF

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