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Ses convictions

L'abolition de l'esclavage
« À mes yeux, la question de l'abolition de l'esclavage n'est pas seulement une question d'intérêt pour la France, mais encore une question d'honneur. »
(Intervention dans la discussion de loi sur le régime des esclaves dans les colonies, 30 mai 1845)

Comme le projet de loi fixant "l'époque de l'abolition générale et simultanée de l'esclavage dans les colonies françaises" que Tocqueville réclame à la fin de son rapport en 1839 n'a pas été déposé, le débat se poursuit à la Chambre des députés dans les années 1840 jusqu'à ce que la dégradation de la situation dans les colonies contraignent le pouvoir à se saisir de nouveau du problème. Ce sont notamment deux procès, aux allures de scandale, qui posent de façon particulièrement aiguë la question de la condamnation des mauvais traitements et autres tortures subis par les esclaves dans les colonies françaises. En effet l'affaire Valentin en Martinique tout comme l'affaire Jahan en Guadeloupe se soldent par l'acquittement complet de ces deux colons, qui sont accusés d'avoir fait subir des traitements inhumains à leurs esclaves. L'instruction semble accablante et tout porte à les déclarer coupable au regard de la loi, mais puisque les jurés sont également choisis parmi les colons, ces derniers refusent ouvertement de condamner leurs pairs et donc d'appliquer la loi. Face à cette faillite judiciaire et à cette situation de non-droit pour les esclaves, la Monarchie de Juillet tente de réagir en modifiant le mode de constitution des jurys populaires dans les colonies et en déposant en 1845 un nouveau projet de loi sur le régime des esclaves qui veut garantir l'amélioration de leur condition. Tocqueville, jugeant les avancées proposées par ce texte trop timides, monte de nouveau à la tribune de la Chambre des députés le 30 mai 1845 pour rappeler à ses collègues députés l'urgence pour la France, non pas à légiférer sur le sort des esclaves, mais à décider définitivement de l'abolition de l'esclavage. Pour les en convaincre, il développe avec force l'argument selon lequel "cette grande et sainte idée" n'est autre que le fruit de la Révolution française, et que si la "philanthropie religieuse des Anglais" a su la réaliser avant que la France ne le fasse, cette dernière peut légitimement s'en prévaloir et doit par conséquent se montrer fidèle aux grands principes de 1789 en rendant aux esclaves des colonies leur liberté.   Úcouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  
Si son discours est accueilli par des "marques nombreuses et prolongées d'admiration", comme le rapporte le Moniteur du 31 mai 1845, il n'est en revanche pas suivi d'effets immédiats. Ce n'est, on le sait, qu'avec la Révolution de 1848 que l'esclavage sera définitivement aboli dans les colonies françaises.

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L'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

L'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises le 27 avril 1848, François Biard
© RMN/Gérard Blot

Archives

Affaire Valentin, Martinique

Affaire Valentin, lettre du gouverneur de la Martinique, datée du 25 février 1842 © CHAN

Projet de loi relatif au régime des esclaves

Projet de loi relatif au régime des esclaves dans les colonies françaises
© CHAN

Affaire Jahan

Affaire Jahan, arrêt du 26 décembre 1845 © CHAN

Ordonnance prolongant l'application du Code Noir dans les colonies

Ordonnance du roi Louis-Philippe
© CHAN

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