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Le coup d'Etat de 1851

Le 2 décembre 1851

Le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte éclate au matin du 2 décembre 1851 avec le décret de la dissolution de l'Assemblée nationale qui est placardé sur tous les murs de la capitale et avec l'arrestation, au lever du jour, des députés et des généraux qui lui sont le plus hostiles : Cavaignac "qui avait sauvé Paris et la France pendant les journées de juin", Lamoricière, Bedeau et Changarnier, "ces vainqueurs de l'Afrique", sont ainsi honteusement incarcérés comme de vulgaires criminels, comme l'écrira Tocqueville. Il est, pour sa part, prévenu au saut du lit de la gravité de la situation par Gustave de Beaumont qui lui annonce les dernières nouvelles très inquiétantes pour la République et l'invite à le suivre jusqu'à l'Assemblée. Les deux amis y trouvent les portes closes et gardées par le corps des chasseurs de Vincennes, qui se charge de refouler violemment les députés présents. Ceux-ci vont trouver refuge à la mairie du Xe arrondissement de Paris, où ils sont, avec Tocqueville, près de trois cents représentants du peuple de toutes les nuances politiques, à être constitués en une sorte d' "Assemblée de la dernière chance", à être assiégés et à tenir une ultime séance parlementaire pour défendre le principe de la représentation nationale.

« Je ne fais que raconter en témoin ce que j'ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles. »
(Lettre à Mrs Grote, 8 décembre 1851)

On compte notamment parmi ces députés contestataires Eugène Sue, Casimir Périer, Berryer, Sainte-Beuve, Falloux et le général Oudinot mais aussi la majeure partie des amis politiques de Tocqueville que sont entre autres Beaumont, Corcelle, Dufaure et Lanjuinais. Le temps leur est à peine laissé de décréter que la dissolution de l'Assemblée nationale est un crime de haute trahison, que "Louis Napoléon Bonaparte est déchu de ses fonctions de Président de la République", que "les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance" et que "le pouvoir de l'exécutif passe de plein droit à l'Assemblée nationale", avant que les soldats ne tentent une première fois de les arrêter. Ils y renoncent cependant face à la froide détermination des représentants du peuple et au courage de leur président, Benoist d'Azy, qui leur ordonne de se retirer après leur avoir fait la lecture des décrets qui viennent d'être adoptés. Les députés mettent à profit le répit ainsi gagné en ouvrant les fenêtres de la salle où ils sont confinés pour lire à la foule et aux troupes, réunis devant la mairie, ces mêmes décrets "et en particulier celui qui, en vertu de l'article 68 de la Constitution, prononçait la déposition et la mise en accusation de Louis-Napoléon". Mais cette tentative pour retourner les sentiments du peuple et pour l'enjoindre à résister au coup d'État est restée vaine. Elle n'empêche pas le retour des forces de l'ordre, décidées cette fois-ci à disperser cette assemblée de députés qui semble alors trop isolée pour sauver la République.

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Dissolution de l'Assemblée nationale par Louis-Napoléon Bonaparte

Placard officiel annonçant la dissolution de l'Assemblée nationale par Louis-Napoléon Bonaparte
© PMVP / Briant

Matinée du 2 décembre 1851, les représentants devant le Palais législatif

Matinée du 2 décembre 1851, les représentants devant le Palais législatif, Ch. Lahure
© AD Alpes de Haute-Provence

Berryer à la fenêtre de la mairie du Xe arrondissement, le 2 décembre 1851

Berryer à la fenêtre de la mairie du Xe arrondissement, le 2 décembre 1851, Ch. Lahure
© AD Alpes de Haute-Provence

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