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Le coup d'État de 1851

La République en péril
« Néanmoins, je veux fermement maintenir la République parce qu'aucun autre gouvernement n'a la majorité dans le pays et que, de plus, je ne vois rien qui me plaise et qu'on puisse mettre facilement à la place.
Je suis, d'ailleurs, de ceux qui soutiennent les lois de leur pays et non de ceux qui les renversent. »
(Lettre à Armand Dufaure,
4 octobre 1851)

La chute du second ministère Barrot, vertement démis de ses fonctions le 31 octobre 1849, achève de prouver que Louis Napoléon Bonaparte n'est pas prêt à se laisser manipuler ni à sacrifier quoi que ce soit à ses rêves d'Empire qui planent avec insistance sur le devenir de la République. Même après son départ du ministère, Tocqueville, bien que profondément irrité par la précocité de son renvoi, est l'un de ceux qui veulent cependant encore croire à la pérennité de ce régime, qui se trouve pourtant en 1851 dans une impasse : le calendrier électoral prévoit en mai 1852 et à quelques semaines d'intervalle, l'élection d'une nouvelle Assemblée législative ainsi que celle d'un nouveau président de la République. En effet, d'après la Constitution de 1848 (et suivant une proposition émanant de Gustave de Beaumont et soutenue par Tocqueville) le président de la Seconde République ne pouvait être élu que pour un seul mandat. Mais Louis Napoléon Bonaparte, légitimé en cela par sa très grande popularité, refuse ouvertement d'envisager son départ de la présidence. La menace du coup d'État, qui se fait alors de plus en plus précise, va contraindre Tocqueville à prendre les devants pour sauver les institutions représentatives et pour essayer d'éviter à la France un nouveau changement de régime dans la violence.

« Mais la vérité évidente, prouvée par des actes, est que la majorité de cette Assemblée, au lieu de conspirer contre Louis-Napoléon, ne chercha rien autant que d'éviter une querelle avec lui. »
(Lettre à Mrs. Grote, 8 décembre 1851)

Extrêmement lucide quant aux velléités de Louis Napoléon, qu'il a fréquenté personnellement durant son ministère, il porte sur ce dernier un regard sévère : il voit certes en lui un homme plus habile que ne l'ont souvent cru ses adversaires, mais il lui reproche durement son goût pour la dissimulation et les complots, son orgueil immense ainsi que son mépris pour la liberté et les assemblées représentatives. Il supporte également difficilement la médiocrité de la "valetaille" qui constitue son entourage. Mais il est décidé à user à bon escient de l'influence et de l'estime qu'il a su gagner auprès du président durant son passage au gouvernement et il tente, dès le 15 mai 1851, de le convaincre d'envisager une réélection légale au moyen d'une révision de la Constitution de 1848. Tocqueville parvient même à se faire élire dans la Commission chargée d'examiner la possibilité de la révision du texte constitutionnel et défend devant l'Assemblée la modification du texte en faveur de la rééligibilité du président. Faute d'obtenir une majorité suffisante à l'Assemblée en juillet 1851, ses efforts restent vains. Cependant Tocqueville aura jusqu'à la fin tenté de sauver le régime de la République, qui n'a pas toujours eu ses faveurs, mais qui a le grand mérite à ses yeux de garantir les libertés individuelles ainsi que des institutions représentatives.

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