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La Révolution de 1848

« Et voici la Révolution française qui recommence. »
(Souvenirs)

La carrière politique d'Alexis de Tocqueville atteint paradoxalement un de ses sommets durant l'année 1848. Il n'a pourtant jamais été gagné sous la Monarchie de Juillet par les opinions républicaines et s'est refusé à participer à la campagne des banquets qui est à l'origine de la chute de Louis-Philippe. Il est même le premier à annoncer qu'un mouvement révolutionnaire, aiguisé par la corruption du régime et par la misère des classes sociales les plus défavorisées, gronde en France et à le redouter, dans le célèbre discours qu'il prononce devant la Chambre des députés le 27 janvier 1848. Il y analyse finement et sur un ton prophétique les causes du futur soulèvement populaire qui éclate violemment le 24 février. À partir de cette date, Tocqueville devient un témoin privilégié ainsi qu'un acteur de premier plan des événements qui se succèdent rapidement au cours du printemps rouge de 1848 sans jamais se départir des convictions qui sont les siennes ni prendre fait et cause pour un mouvement de foule aux accents et aux thèses socialistes qu'il craint et qu'il condamne. Dès le lendemain des événements de février, il se rallie pourtant à la République qu'il déclare vouloir soutenir "de toutes ses forces" contre les assauts répétés des révolutionnaires les plus convaincus qui rêvent d'un régime socialiste.

« Ce n'est pas une émeute, c'est la plus terrible de toutes les guerres civiles, la guerre de classe à classe, de ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont. »
(Lettre à Paul Clamorgan, 24 juin 1848)

Il commence, pour ce faire, par se porter candidat au siège de député de la Manche de la nouvelle Assemblée constituante devant ses électeurs qui votent pour la première fois au suffrage universel masculin. Une célèbre page de ses Souvenirs garde la trace du véritable moment de grâce politique qu'est pour lui cette journée électorale particulière, qui l'a vu partir depuis le village de Tocqueville jusqu'au bourg de Saint-Pierre-Église, où se déroule le scrutin, entouré par la bienveillance et la confiance de tous ses nouveaux électeurs.   écouter l'extrait sonorelire l'extrait sonore  
Sa victoire électorale est telle qu'elle ressemble à un plébiscite.
Tocqueville trouve en outre autour de lui à l'Assemblée constituante une majorité d'hommes politiques qui sont tout aussi prêts à défendre la République contre les velléités socialistes du peuple de Paris, prêts à affronter la guerre civile qui la menace encore. Et le péril est grand : il assiste tout d'abord stoïquement à la séance du 15 mai 1848 durant laquelle les meneurs socialistes les plus extrémistes (que sont entre autres Louis Blanc, Barbès et Blanqui) manquent de faire vaciller, faute de discipline parmi leurs troupes, la jeune Seconde République française. Mais c'est surtout durant les sanglantes journées de juin 1848 qu'il participe courageusement au maintien du nouveau régime : le 25 juin il parcourt ainsi, ceint de son écharpe tricolore, les rues de la capitale qui sont encombrées de barricades pour galvaniser les soldats de la Garde nationale dans leur cruel combat contre les insurgés.
Forte de cette victoire contre le peuple ouvrier de Paris, la République va désormais tenter de s'organiser et Tocqueville connaîtra sous ce régime sa grande heure politique au niveau national. Il semble pourtant avoir pressenti dès le lendemain de l'insurrection de juin 1848 que la nation y a vraisemblablement perdu pour quelques années son goût des institutions libres, son appétit de liberté.

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Portrait d'Alexis de Tocqueville

Portrait d'Alexis de Tocqueville
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Procès-verbal du 27 janvier 1848 de la Chambre des députés

Procès-verbal de la séance du 27 janvier 1848 de la Chambre des députés
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La barricade de la rue Saint-Antoine

La barricade de la rue Saint-Antoine, anonyme,
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Types d'insurgés
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